Barroso non incriminé dans le dossier CIA-Guantanamo

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Par: rédaction
19/02/09 - 15h52

Le Parlement européen a refusé jeudi d'incriminer explicitement José Manuel Barroso pour son rôle dans le transfert de prisonniers de la CIA vers Guantanamo. Le rapporteur spécial Claudio Fava a déploré le vote des ses collègues et répété sa "certitude" que l'actuel président de la Commission a consenti au programme des services secrets américains.

Selon M. Fava, qui enquête depuis 2006 sur les "renditions" américaines, plusieurs documents confirment que José Manuel Barroso a autorisé l'utilisation d'aéroports et de l'espace aérien portugais quand il était Premier ministre du pays. Ces documents incrimineraient aussi l'actuel gouvernement socialiste du pays, qui continue de couvrir M. Barroso.

Ce passé embarrassant, et le refus de M. Barroso de faire toute la clarté, portent "une ombre assez lourde" sur le président de la Commission européenne, qui cherche à être reconduit après les élections de juin prochain, a dit M. Fava.

Pour le socialiste italien, "aucun des chefs de gouvernement qui ont collaboré avec le programme de la CIA" ne devrait entrer en ligne de compte pour la présidence de l'exécutif communautaire. "Ces personnes ne sont pas les plus adaptées pour diriger la Commission", a-t-il dit.

L'opinion de M. Fava n'a pas été partagée par une majorité de l'assemblée. Les élus du groupe conservateur (PPE), dont est issu M. Barroso, les libéraux, ainsi qu'une partie de socialistes ont en effet rejeté un paragraphe évoquant la responsabilité du "gouvernement Barroso".

Les soupçons à l'encontre du Portugal ont par conséquent disparu du texte final de la résolution, qui mentionne par contre les éléments troublants à charge du Royaume-Uni, de l'Espagne, de la Pologne, de l'Italie et de la Roumanie.

La résolution parlementaire a été initiée par M. Fava pour déplorer le manque de suites données à son rapport de 2007, dans lequel il avait conclu à la collaboration de plusieurs pays européens au programme américain de prisons secrètes et de transferts illégaux de prisonniers. Ce rapport n'a en effet donné lieu à des conséquences politiques dans aucun des pays concernés.

Alors que la page semble en passe d'être tournée, avec le décision de Barack Obama de fermer la prison de Guantanamo, M. Fava a relevé jeudi "une certaine ambiguïté" dans la stratégie du nouveau président américain, qui n'a pas clairement mis un terme définitif à toutes les pratiques de l'administration précédente.

Il a aussi pointé les contradictions des pays européens qui s'empressent aujourd'hui d'accueillir les anciens détenus de Guantanamo, comme l'Espagne et le Portugal. "C'est probablement la gêne d'une Europe qui (...) a un peu contribué à la situation indécente de Guantanamo", a-t-il dit, jugeant que les Européens "ont légitimé" la prison en participant au transfert des prisonniers. (belga)

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