La France à la peine sur le marché mondial du vin
En plein salon de l'agriculture à Paris, un nouvel avertissement a été adressé au secteur du vin français, incapable de profiter de la hausse de la consommation mondiale et en perte de vitesse face à ses concurrents italien et espagnol.
Depuis quelques années déjà la France se fait distancer. Sa part de marché s'érode tant en valeur qu'en volume. Elle ne représente plus que 17% des volumes et 34% de la valeur du marché mondial, contre respectivement 25% et 51% au début des années 90, selon une étude annuelle de l'Office des fruits, des légumes, des vins et de l'horticulture (Viniflhor). "La France a été longtemps le premier pays consommateur et donc elle ne s'intéressait qu'à son marché intérieur. Pendant ce temps là nos compétiteurs ont avancé plus vite que nous", a expliqué jeudi Georges-Pierre Malpel, directeur de Viniflhor, au cours d'une conférence de presse au salon de l'agriculture.
Viniflhor présentait son étude, réalisée chaque année depuis 10 ans, sur la compétitivité des principaux pays producteurs, mesurée sur des critères tant quantitatifs (superficie de vigne, par exemple) que qualitatifs (maladies, pression des lobbies anti-alcool, ...). Bruno Kessler, vice-président de l'Association Générale des entreprises du vin (AGEV) qui rassemble les négociants, a insisté sur la nécessaire adaptation au marché. Spécialité française, la seule vente de grands crus sur le marché mondial a vécu, et il s'agit désormais de proposer un grand éventail de vins et de prix, une des clés du succès à l'exportation, a-t-il expliqué.
Les pays producteurs doivent être d'autant plus compétitifs que les exportations ne cessent d'augmenter pour répondre à une consommation elle aussi toujours croissante, essentiellement dans les pays avec pas ou peu producteurs. En 2007, 38% des volumes de vins consommés dans le monde ont franchi une frontière, soit 91 millions d'hectolitres, contre à peine 50 millions dans les années 80. L'Italie et la France, qui dominaient le marché au début des années 80, ont été rattrapées par l'Espagne au début des années 2000.
Depuis ces trois pays se livrent une concurrence acharnée, les vins américains, chiliens ou encore argentins restant encore distancés. Dans le classement établi chaque année par Viniflhor des pays les plus compétitifs, l'Italie est en première position. Sa politique commerciale offensive lui permet de progresser sur les marchés internationaux. La France qui a réussi à se hisser de la troisième à la deuxième place en 2008, devrait régresser en 2009, en raison d'une mauvaise récolte, de la poursuite du plan d'arrachage définitif de pieds de vigne ainsi que de la baisse de ses exportations.
Elle pourrait être dépassée par l'Espagne qui était sur la première marche du podium depuis 2005 avant de redescendre à la troisième en 2008. Avec le plus grand vignoble du monde, en cours de restructuration, le pays devrait retrouver le haut du classement. Les Etats-Unis arrivent en quatrième position devant le Chili (5e), le Portugal (6e) et encore l'Argentine (7e). (belga/th)