Projet de loi italien controversé sur le droit de grève

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Par: rédaction
27/02/09 - 15h55

Le gouvernement italien de Silvio Berlusconi a examiné vendredi en Conseil des ministres un projet de loi critiqué par le principal syndicat du pays qui restreint le droit de grève dans les transports publics.

"Nous ne pouvons pas rester là à regarder lorsque l'on voit les chiffres de 500 grèves par an (dans les transports), deux par jour en moyenne", a fait valoir le ministre des Affaires sociales Maurizio Sacconi lors d'une conférence de presse de présentation du projet. Selon ce projet, les syndicats devront représenter plus de 50% du secteur concerné pour appeler à la grève; s'ils représentent au moins 20% des salariés, la grève sera autorisée à condition qu'une consultation organisée parmi les salariés recueille "au moins 30% de consensus", a expliqué le ministre.

Le texte prévoit également l'obligation pour chaque salarié de faire état de son "adhésion individuelle" au mouvement social afin, selon le gouvernement, de prévoir plus précisément les perturbations entraînées par la grève. Cette disposition a été critiquée par la confédération Uil (modérée) car elle porte atteinte "à la liberté individuelle d'adhérer ou non" à un arrêt de travail, a estimé son secrétaire général Luigi Angeletti, par ailleurs plutôt favorable globalement au projet.

La principale confédération, Cgil (gauche), reste elle très critique, son responsable Guglielmo Epifani craignant que ce texte ne soit "un cheval de Troie" pour limiter le droit de grève dans les autres secteurs. "Aujourd'hui, Berlusconi intervient au nom des usagers, demain il peut faire la même chose dans tous les secteurs, alors c'est le droit même de la grève (garanti par la Constitution, ndlr) qui sera compromis", a déclaré M. Epifani dans une interview à La Repubblica.

Le ministre a également indiqué que le projet prévoyait des "sanctions administratives" pour les grévistes qui bloqueraient les routes ou les aéroports, une disposition qui vise à empêcher les perturbations qui ont marqué la longue contestation de la reprise d'Alitalia par les syndicats. La loi actuelle pour les transports publics prévoit déjà l'obligation d'un service minimum aux heures de pointe. Le gouvernement Berlusconi dispose de la majorité absolue au Parlement. (belga/th)

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