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Ebadi dénonce la dégradation des droits de l'homme en Iran

La militante des droits de l'homme iranienne Shirin Ebadi a dénoncé mardi à Bruxelles la dégradation des libertés dans son pays, sans se bercer d'illusions sur les perspectives de changement liées à l'élection présidentielle.

La lauréate du prix Nobel de la paix s'est adressée aux journalistes - qu'elle considère comme ses "alliés" - à l'occasion d'une conférence de presse organisée par la Fédération internationale des Droits de l'Homme. La FIDH a présenté un rapport sur la situation en Iran, dont les conclusions peu flatteuses ont été confirmées par Mme Ebadi.

Harcèlement
Celle-ci a fait état d'une recrudescence des attaques, des insultes et des pratiques de harcèlement à l'encontre des militants des droits humains. Très récemment, des étudiants qui manifestaient contre l'édification d'un nouveau monument aux victimes de la guerre Iran-Irak sur leur campus ont été molestés par la police, a-t-elle dit.

Plus gravement, le siège du centre iranien des droits de l'homme a fait l'objet de perquisitions extra-judiciaires et a été contraint de fermer ses portes en décembre dernier, s'est-elle indignée. Le nombre croissant de personnes qui se voient refuser de quitter le territoire est une autre source d'inquiétude.

Elle a par ailleurs dénoncé l'"incohérence" des lois iraniennes, qui sont selon elles pleines de contradictions et d'inégalités. Par exemple, "l'âge de la responsabilité criminelle est de 9 ans pour les filles et de 15 ans pour les garçons. Cela signifie que si une fillette de 10 ans commet une infraction, la loi la traite de la même manière qu'un homme de 40 ans".

Peu d'espoirs
Shirin Ebadi ne place pas beaucoup d'espoir dans l'élection présidentielle de juin prochain. "Malheureusement, la population n'est pas libre de voter pour qui elle veut, étant donné que le Conseil des gardiens de la Révolution doit confirmer l'éligibilité des candidats", a-t-elle souligné. En outre, "le président n'a pas beaucoup de pouvoirs", puisque c'est le guide suprême qui détermine la politique de la république islamique, a-t-elle ajouté.

Interrogée sur ses attentes à l'égard de l'Occident, la militante des droits de l'homme s'est opposée à une attaque militaire, ainsi qu'aux sanctions économiques, qui se font "au détriment de la population". Elle prône des négociations avec le régime, éventuellement assorties de sanctions politiques. (belga)
03/03/09 17h43
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