L'avocat de l'ancien chef rebelle congolais Laurent Nkunda, arrêté au Rwanda en janvier dernier lors d'un retournement d'alliance, s'oppose à l'extradition de son client vers la République démocratique du Congo (RDC), alors que Kinshasa espère son transfèrement dans les prochains jours, a rapporté mardi la radio onusienne Okapi.
"Il n'est pas question d'extrader l'ex-général dissident Laurent Nkunda", a déclaré son avocat, Stéphane Bourgon, soulignant que son client ne pourra pas bénéficier d'un jugement équitable en RDC.
L'ex-chef de la rébellion du Conseil national pour la Défense du Peuple (CNDP) a été arrêté le 22 janvier au Rwanda, alors que les armées rwandaises et congolaises venaient de lancer une opération inédite contre les rebelles hutus rwandais réfugiés depuis 1994 dans l'est de l'ex-Zaïre.
Légalité
"J'ai tenté, à de multiples reprises, de contacter les autorités du gouvernement du Rwanda. Je ne sais toujours pas où il est détenu, et sur quelle base juridique il est détenu, ou a été arrêté. Il faut d'abord déterminer la légalité de son arrestation et de sa détention au Rwanda. Si l'arrestation est illégale, il doit être libéré", a affirmé Me Bourgon à Radio Okapi, parrainée par l'ONU.
"S'il y a une demande d'extradition, nous allons nous opposer par tous les moyens à une extradition à Kinshasa. La raison en est simple. Nous croyons fermement que Laurent Nkunda ne saurait bénéficier d'un procès juste et équitable à Kinshasa", a ajouté l'avocat.
Le ministre congolais de la Communication et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, a pour sa part assuré que l'ex-général dissident sera extradé conformément aux accords signés entre le Rwanda et la RDC.
Au Congo
"Dans tous les cas, jusqu'à preuve du contraire, Laurent Nkunda est Congolais. Il a même eu le grade le plus élevé dans l'armée congolaise. Il a été général d'armée. En tout état de cause, c'est au Congo, et au Congo seul qu'il revient de déterminer si Nkunda est coupable ou non", a-t-il déclaré.
Selon la presse congolaise, Laurent Nkunda a récemment prétendu posséder la nationalité rwandaise pour éviter son extradition, sur foi d'une carte d'identité rwandaise qu'il avait acquise quand il avait intégré l'Armée patriotique rwandaise (APR) en 1991, en tant que sergent.
Quant à son extradition, "on en est au niveau des préparatifs matériels pour le voyage, l'hébergement et l'accueil de M. Nkunda. Dans les jours qui viennent, conformément aux accords qui sont intervenus entre les deux gouvernements, M. Nkunda sera transféré au Congo, son pays", a ajouté le ministre.
Nkunda est visé par un mandat d'arrêt émis par la justice congolaise pour crimes de guerre lors de la brève prise de Bukavu, le chef-lieu de la province du Sud-Kivu (est) en 2004. (belga)


