La communauté internationale à la peine face au nouveau pouvoir malgache

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Par: rédaction
20/03/09 - 15h28

La communauté internationale est à la peine pour afficher son unité face au changement de pouvoir à Madagascar, suspendu vendredi par l'Union africaine tandis que l'Union européenne parlait de "coup d'Etat", rejointe en deux temps par la France, ex-puissance coloniale.

Accession au pouvoir "non démocratique" pour Washington
Pour les Etats-Unis, l'accession au pouvoir du nouveau président de Madagascar Andry Rajoelina est "non démocratique". Washington a annoncé le réexamen de ses relations avec cette île de l'océan Indien.
La France, premier bailleur de fonds de Madagascar, n'a pas été jusque-là.

Elle maintient sa coopération économique et "il n'est pas question" de suspendre l'aide bilatérale à "la "population malgache", a dit vendredi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Eric Chevallier. Il n'a toutefois pas exclu des discussions au sein de l'UE sur d'éventuelles sanctions.

"Coup d'État" pour la présidence tchèque
En parlant d'emblée de "coup d'État", la présidence tchèque de l'UE a été la plus ferme dans sa condamnation de l'arrivée au pouvoir d'Andry Rajoelina, après trois mois de crise politique et une centaine de morts.

Les termes américains de "non démocratique" ont été repris par Berlin tandis que le ministère français des Affaires étrangères préférait n'évoquer qu'un "changement de pouvoir hors normes".

Sarkozy veut des élections au plus vite

Quelques heures plus tard, le président Nicolas Sarkozy, à Bruxelles pour un sommet européen, reprenait toutefois l'expression de "coup d'Etat", en réclamant "des élections le plus rapidement possible", "seule façon de sortir de l'imbroglio".

Depuis le début de la crise, la France affiche sa prudence en se voulant "impartiale", en appelant régulièrement les parties au "dialogue" et à ne pas recourir à la violence. Quelque 20.000 ressortissants français vivent à Madagascar, dont la moitié de bi-nationaux, et leur présence n'est sans doute pas étrangère au langage mesuré du Quai d'Orsay.

Chantage financier américain
Concernant l'aide à l'un des pays les plus pauvres au monde, les Etats-Unis ont déjà dit qu'ils pourraient la suspendre si la crise politique prenait un tour "extra-constitutionnel". Pour 2008-09, elle est de 33,5 millions de dollars, dont 15 millions d'aide alimentaire et 11,5 millions d'aide à la santé et à l'enfance, rarement suspendus pour des motifs politiques.

A l'UA, de possibles "sanctions" sont aussi évoquées "si un retour à l'ordre constitutionnel n'intervient pas très rapidement". Un sommet des chefs d'Etat de l'UA, prévu en juillet à Madagascar, pourrait aussi être mis en cause.

Selon le gouvernement sud-africain, l'Afrique australe a prévu d'organiser un sommet d'ici la fin du mois à Johannesburg pour réfléchir à d'éventuelles sanctions contre Madagascar. Une prise de position est enfin attendue de l'ONU qui a dit mercredi n'être pas en mesure de se prononcer sur la légalité du nouveau pouvoir malgache. (belga/th)

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