Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s'est dit insatisfait du score obtenu par son Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), aux élections municipales de dimanche, malgré une victoire de sa formation, à 39,1% des voix.
"Cela aurait du être meilleur"
"Si vous me demandez si je suis satisfait, je ne le suis pas du tout. Cela aurait du être meilleur", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse tenue tard dans la nuit.
Selon les résultats partiels sur la base de 80% des bulletins dépouillés, l'AKP, qui dirige le pays depuis 2002, était suivi avec 20,9% du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), principale force d'opposition au parlement. Arrivait en troisième position le Parti de l'action nationaliste (MHP, nationaliste) avec 16,2% des suffrages.
Lors de sa campagne, M. Erdogan avait parié sur un bien meilleur score. Dans une interview diffusée vendredi soir, l'ancien maire d'Istanbul avait jugé que son parti essuierait un échec s'il obtenait moins de 47% des voix, son score aux législatives de 2007. M. Erdogan a toutefois affirmé que les résultats du scrutin devaient être perçus comme "un nouveau vote de confiance à l'AKP".
"L'AKP est en chute libre"
Il a laissé entendre par ailleurs qu'il pourrait procéder à un remaniement ministériel après "une évaluation" des résultats électoraux par les instances dirigeantes de son parti. Le secrétaire général du CHP, Önder Sav, a quant a lui jugé que "l'AKP est en chute libre".
Les élections ont été émaillées de violences qui ont fait cinq morts et près d'une centaine de blessés, principalement dans le sud-est à dominante kurde. Les sondages donnaient l'AKP en tête, avec 40% à 48% des suffrages, en dépit d'un chômage record et d'une économie frappée par la crise mondiale.
L'opposition, notamment le CHP, réalise une importante percée dans les deux grandes métropoles, Istanbul et Ankara, sans pour autant les remporter. Quelque 48 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour élire leur représentants dans les administrations locales. (belga/cb)


