Ban Ki-moon veut renforcer la MONUC
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a une nouvelle fois appelé les membres du Conseil de sécurité et les pays contributeurs de troupes à fournir les moyens nécessaires pour renforcer la Mission de l'Organisation de l'ONU en République démocratique du Congo (MONUC).
Les capacités de la MONUC - qui est déjà, avec près de 17.000 Casques bleus, la plus importante mission onusienne de maintien de la paix-, "sont mises à rude épreuve", estime M. Ban dans ce rapport remis jeudi au Conseil de sécurité, tout en déplorant l'absence notable de progrès dans la réforme du secteur de la sécurité en RDC.
Il a aussi invité les membres du Conseil et les pays contributeurs de troupes qui en ont les moyens à se manifester sans retard, afin de mobiliser les ressources autorisées par la résolution 1843 du 20 novembre 2008 au, particulièrement en ce qui concerne les moyens aériens (dix-huit hélicoptères de transport et deux avions de transport, dont un C-130 que devrait fournir la Belgique) et les ressources en matière de renseignement, dont le besoin est urgent, ainsi que les 200 formateurs militaires.
"Bien que les perspectives d'une paix durable se soient améliorées dans les Kivu (...), il apparaît urgent de mobiliser ces capacités supplémentaires pour permettre à la MONUC de consolider les acquis enregistrés au cours des dernières semaines et d'en tirer parti", écrit M. Ban. Selon lui, l'évolution récente de la situation dans les Kivu (est) et dans le district de l'Ituri (nord-est de la RDC), présente d'importantes perspectives mais aussi des écueils.
Il a salué l'action des dirigeants congolais et rwandais pour avoir fait preuve de courage politique et de souplesse dans la recherche de solutions à des problèmes "qui ont longtemps plongé la région dans les conflits". "Il existe désormais une possibilité réelle d'atteindre les principaux objectifs définis dans le communiqué de Nairobi du 9 novembre 2007 et dans les Actes d'engagement de la Conférence de Goma du 23 janvier 2008", a indiqué le secrétaire général de l'ONU, dans une allusion aux deux accords sur la neutralisation des groupes armés présents dans l'est de l'ex-Zaïre.
Selon M. Ban, l'intégration des rebelles du Congrès national pour la Défense du Peuple (CNDP, l'ex-rébellion du général tutsi congolais Laurent Nkunda) et d'autres groupes armés aux Forces armées de la RDC (FARDC) et les initiatives visant à mettre un terme à la présence des rebelles hutus des Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) offrent une perspective exceptionnelle à la RDC. Il a toutefois souligné que la situation reste précaire et instable, affirmant que le processus d'intégration et les opérations menées contre les FDLR restent en butte à d'importants obstacles.
La réussite de ces initiatives "exige un engagement politique soutenu, des ressources financières adéquates et des capacités militaires effectives", a-t-il dit. M. Ban craint en particulier que la crise financière actuelle n'entrave le processus d'intégration et ne recrée l'instabilité au sein des forces armées. Il a exhorté le gouvernement congolais à veiller à ce que les forces de sécurité, y compris les éléments nouvellement intégrés du CNDP, reçoivent régulièrement et à temps leurs salaires et leurs allocations.
Le secrétaire général exhorte aussi le gouvernement congolais et les pays partenaires à accélérer la mise en oeuvre de la réforme du secteur de la sécurité. "Sans une transformation profonde de l'armée et de la police, y compris une sélection rigoureuse du personnel des services de sécurité, et une restauration du système judiciaire, les perspectives d'une paix et d'une stabilité durables s'amenuiseront considérablement, même après la fin des affrontements armés qui se déroulent actuellement dans les Kivu et dans le Haut-Uélé", a conclu M. Ban.
Mardi, le secrétaire général de l'ONU avait demandé au ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, que la Belgique joue un rôle accru dans la réforme du secteur de la sécurité en RDC, lors d'une rencontre bilatérale à La Haye en marge d'une conférence internationale sur l'Afghanistan. (belga/th)