-
 
7sur7.be

Quinzième anniversaire du génocide rwandais

Cimetière où reposent les victimes du génocide
Paras belges évacuant des enfants lors du génocide de 1994
Paras belges évacuant des enfants lors du génocide de 1994
Le Rwanda commémore à partir de mardi le 15e anniversaire du début du génocide, perpétré entre avril et juillet 1994, et qui a fait, selon l'ONU, quelque 800.000 morts parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés, alors que ses séquelles se font toujours sentir au pays des Milles Collines ainsi que chez son voisin congolais.

Commémorations
Des cérémonies commémoratives sont prévues dans l'ensemble du Rwanda durant la semaine du 7 au 14 avril, selon le secrétaire de la commission nationale pour la lutte contre le génocide (National Commission for the fight against Genocide, CNLG), Jean de Dieu Mucyo.

Selon lui, la principale commémoration aura lieu à Nyanza (sud), dans le district de Kicukiro, un endroit où des milliers de Tutsis ont été massacrés par les milices hutues après avoir été "abandonnés" par les Casques bleus de la Mission des Nations Unies au Rwanda (MINUAR) censés protéger la population dans ce petit pays d'Afrique centrale.

Des cérémonies auront également lieu à l'étranger, organisées par la diaspora rwandaise avec l'aide des ambassades et de cercles d'étudiants, a ajouté M. Mucyo.

Pas de Belges
Contrairement à d'autres années, aucune délégation belge ne fera le déplacement de Kigali, où dix Casques bleus belges de la MINUAR ont aussi été assassinés le 7 avril 1994, au lendemain d'un attentat contre l'avion du président Juvénal Babyarimana qui a servi de déclencheur à l'explosion de la violence ethnique.

Cet attentat, toujours non élucidé, a coûté la vie au président rwandais, un Hutu arrivé au pouvoir après un coup d'État en 1973, et à son homologue burundais Cyprien Ntaryamira. L'avion avait été atteint par un missile sol-air. M. Habyarimana revenait de Tanzanie, où il négociait la paix avec la rébellion tutsie du Front patriotique rwandais (FPR), qui contrôlait une partie du nord du Rwanda avec le soutien de l'Ouganda.

Entre 800.000 et un million de morts
En trois mois, le génocide a fait 800.000 morts selon l'ONU et plus d'un million selon les autorités actuelles de Kigali. Les victimes appartenaient essentiellement à la minorité tutsie, qui représentait 14% de la population avant le génocide. Il a pris fin le 4 juillet 1994 avec l'entrée à Kigali du FPR, dirigé par le général Paul Kagame - entre-temps légitimé par les urnes.

La MINUAR, présente avec de faibles effectifs, sous le commandement militaire du général canadien Roméo Dallaire, n'a pas arrêté les massacres, faute de renforts dont l'envoi nécessitait un vote du Conseil de sécurité.

Pendant que les tueries faisaient rage, les effectifs de la MINUAR ont même été réduits à environ 400 hommes, notamment à la suite de la mort des dix Casques bleus belges, assassinés par des membres des Forces armées rwandaises (FAR).

Kofi Annan "pas à al hauteur"
L'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui était au moment du génocide chargé des opérations onusiennes de maintien de la paix, a plusieurs fois reconnu que son action avait été insuffisante pour prévenir les massacres, et que la communauté internationale n'avait "pas été à la hauteur" au Rwanda.

En avril 2000, le Premier ministre belge Guy Verhofstadt, avait présenté ses excuses, au nom de la Belgique et de son peuple, et demandé le pardon du peuple rwandais.

La France, qui soutenait le régime Habyarimana, a lancé en juin 1994 l'opération militaro-humanitaire Turquoise, permettant notamment à certains génocidaires (FAR et membres des milices hutues Interhahamwe) de se réfugier au Zaïre voisin.

Tensions toujours d'actualité
Ces rebelles, toujours opposés au régime du Tutsi Paul Kagame et rassemblés sous la bannière des Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), sont encore largement présents dans les deux provinces du Kivu (est de la République démocratique du Congo), même si une opération conjointe inédite, menée entre le 20 janvier et fin février par les armées congolaise et rwandaise, a permis de repousser certains d'entre eux plus à l'intérieur de la RDC, alors que d'autres sont rentrés chez eux.

Le noyau dur des FDLR continue à affirmer vouloir rentrer au Rwanda, mais en échange d'un dialogue politique avec Kigali et l'instauration d'une justice "équitable" pour les auteurs du génocide, qui remplacerait les tribunaux populaires gacaca - qui ne jugent que des Hutus présumés génocidaires. (belga/acx)
04/04/09 14h46
      mailIcon Envoyez cet article      printIcon Version imprime

Votre avis nous intéresse!

Partagez votre opinion avec plus de 80.000 visiteurs

 

© De Persgroep Publishing. Tous les droits réservés. Lisez les conditions d'utilisation


acap enabled
Mediargus
Metriweb