Barack Obama teste en Europe son nouveau style de diplomatie

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Par: rédaction
6/04/09 - 10h49

Négociateur de compromis au G20 ou lors du sommet de l'Otan, toujours à l'écoute et évitant de donner des leçons: le président Barack Obama a pu tester en Europe son nouveau style d'action sur la scène internationale, avec la volonté de trancher avec les années Bush.

Fin du manichéisme "à la Bush", place au "Ecouter, apprendre"
Pour autant, les Etats-Unis n'entendent pas renoncer à leur statut de première puissance mondiale et à leur capacité à donner le ton dans la gestion des affaires du monde. Pendant les cinq premiers jours de sa première grande tournée internationale, le message de la Maison Blanche a été clair. Les temps ont changé. L'heure du "vous êtes avec nous ou contre nous! " est révolue, et avec elle les tensions de l'ère Bush, exacerbées par la guerre en Irak et les diatribes contre "l'Axe du mal".

L'administration américaine est prête aujourd'hui à écouter, à consulter et à coopérer. "Ecouter, apprendre" et seulement ensuite "diriger", tel est le nouveau slogan du locataire de la Maison Blanche.
"Il s'agit à mes yeux du message de base qui devrait résonner en Europe: les Etats-Unis entendent à présent diriger les choses, mais en donnant l'exemple, en consultant et en s'impliquant", souligne Sean Kay, professeur de relations internationales à la Ohio Wesleyan University.

JFK des temps modernes
Dans l'opinion publique européenne, l'effet a été immédiat. L'Obamania qui avait gagné l'Europe lors de l'élection présidentielle fin 2008 ne s'est pas démentie. L'intérêt médiatique a été son comble - les journalistes, fait rare, ont même applaudi sa conférence de presse au G20 de Londres -, et les foules nombreuses, notamment à Prague où 30.000 personnes sont venues l'écouter devant le château de la ville pour son seul discours public.

Il est pour l'heure prématuré de juger si Obama a réussi dans deux de ses objectifs prioritaires: la relance de l'économie mondiale et la stabilisation de l'Afghanistan. Sur le premier dossier, il n'est pas parvenu à convaincre les Européens de mettre davantage la main au portefeuille pour soutenir l'activité. Sur le deuxième, il n'a obtenu qu'une promesse modeste de renforcement de troupes, jusqu'à 5.000 soldats.

Homme de compromis au style apprécié

Mais son style a été apprécié en Europe. Il a joué les entremetteurs à Londres pour éviter que le G20 ne sombre dans la discorde en négociant un compromis entre le président chinois Hu Jintao, rétif à l'idée de mettre à l'index les paradis fiscaux (Hong Kong et Macao en font partie), et son homologue français Nicolas Sarkozy.

M. Obama s'est ensuite employé à Strasbourg lors du sommet de l'Otan à empêcher une crise autour de la nomination du futur secrétaire général de l'Alliance atlantique. Il a obtenu à l'arraché que la Turquie lève son objection à la désignation du Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen.

Sarkozy gentiment chambré par Barack

En retour, le président américain n'a pas tari d'éloges à l'égard de ses interlocuteur européens, Gordon Brown, José Luis Rodriguez Zapatero, Angela Merkel ou Nicolas Sarkozy. Pour ce dernier, l'hommage a été toutefois à double tranchant: "il ne cesse de faire preuve d'imagination, de créativité" et "il est présent sur tellement de fronts qu'on a du mal à suivre" parfois, a lancé en plaisantant M. Obama.

En parallèle, il a clairement fait savoir que sa nouvelle diplomatie revenait à du donnant-donnant. Les Européens doivent aussi faire davantage - notamment en Afghanistan. Dans le domaine économique, les Etats-Unis ne continueront pas comme par le passé à consommer pour financer les exportations de la terre entière. En matière de défense, l'Europe doit se doter de "capacités militaires renforcées" et aider davantage en Afghanistan.

"Les Etats-Unis ne peuvent faire face seuls aux défis mondiaux. Et l'Europe ne peut pas non plus le faire sans les Etats-Unis", a-t-il résumé à Strasbourg. (belga/th)

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