Le génocide de 1994 au Rwanda

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Par: rédaction
7/04/09 - 14h41
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Le génocide au Rwanda, planifié par le régime extrémiste hutu de l'époque, a fait environ 800.000 morts entre avril et juillet 1994 parmi la minorité tutsi et les Hutu modérés, selon l'ONU.

Habyarimana assassiné, les auteurs non-identifiés

Le soir du 6 avril 1994, l'avion du président rwandais hutu Juvénal Habyarimana, de retour d'Arusha (Tanzanie) où se tenaient des négociations de paix avec la rébellion du Front patriotique rwandais (FPR, à majorité tutsi, aujourd'hui au pouvoir), est abattu au-dessus de Kigali par des personnes non identifiées.

Le lendemain, le Premier ministre hutu modéré, Agathe Uwilingiyimana, dix Casques bleus belges de la Mission d'observation des Nations unies (Minuar) chargés de sa protection et plusieurs ministres de l'opposition sont tués. Commencent alors les massacres à grande échelle.

Début immédiat des massacres: listes officielles de tutsis

Les Tutsi sont accusés sans discernement par le pouvoir, alors dominé par les Hutu, de collusion avec la rébellion venue d'Ouganda et entrée au nord du pays depuis 1990.

Des listes de personnes à tuer sont établies par les autorités, à tous les niveaux de l'administration. Leurs bras armés, les milices hutu Interahamwe et les Forces armées rwandaises (FAR), massacrent méthodiquement les "Inyenzi" (les cafards en kinyarwanda, pour désigner les Tutsi), de même que les Hutu opposants au parti d'Habyarimana et ceux qui refusent de participer aux tueries.

Génocide planifié
Des barrages sont dressés dans les rues de Kigali, les miliciens et les militaires fouillent les maisons. Les milices "Interahamwe", au départ le "mouvement de jeunesse" du parti d'Habyarimana, deviennent une véritable machine à tuer.

Les massacres s'étendent à tout le pays. Hommes, femmes et enfants sont exterminés à coups de machettes, déchiquetés par les grenades et les obus, dans les rues, chez eux, et même dans les églises et les écoles où ils croyaient être en sécurité.

Quelques jours auront suffi
La population mobilisée par les autorités et des médias prend largement part aux massacres, aux pillages et aux viols systématiques.

Le 28 avril 1994, Médecins sans frontière-Belgique affirme qu'un véritable génocide est en cours. "C'est l'horreur totale. On est au coeur des ténèbres", déclare le porte-parole du CICR.

Passivité coupbale de l'ONU et de l'Occident
La Minuar est incapable d'arrêter le bain de sang, devant une communauté internationale paralysée. Au plus fort des massacres, le contingent de 4.000 soldats se retrouve réduit à seulement 270 hommes.

Le 4 juillet, le FPR s'empare de Kigali. La victoire des rebelles déclenche à son tour un exode de centaines de milliers de Hutu vers le Zaïre voisin (aujourd'hui République démocratique du Congo), sur fond d'opération militaro-humanitaire "Turquoise", menée par la France.

Le 8 novembre, l'ONU crée un Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha (Tanzanie). Quatre ans plus tard, le TPIR prononce ses premières peines de réclusion à perpétuité et inclut le viol et les violences sexuelles dans les actes de génocide. Ces décisions ont constitué la première reconnaissance du génocide contre la minorité tutsi rwandaise par la justice internationale. (belga/th)

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