MISE À JOUR
Des rebelles maoïstes ont tué jeudi dans l'est de l'Inde 16 personnes, dont neuf paramilitaires déployés pour assurer la sécurité des élections législatives qui se déroulent dans ce pays, ont annoncé des responsables officiels.
Une première attaque est survenue dans l'Etat reculé et peuplé de tribus du Jharkhand (est), un bastion de l'insurrection maoïste, où cinq rebelles et deux soldats avaient déjà péri mercredi dans une fusillade.
Cette fois, les guérilleros d'extrême gauche ont fait sauter une mine au passage d'un autobus de la Force de sûreté des frontières, puis ont mitraillé le véhicule.
Sept paramilitaires et deux civils ont été abattus, a dit à l'AFP S.N. Pradhan, porte-parole de la police du département de Lathear, à 140 km de la capitale régionale Ranchi.
Des renforts ont été dépêchés sur place, où les bureaux de vote sont ouverts jusqu'à 17h00 (13h30 HB) pour la première phase des élections législatives qui s'échelonneront dans toute l'Inde jusqu'au 13 mai avec des résultats nationaux le 16.
Le Jharkhand doit envoyer 14 députés à l'Assemblée du peuple de New Delhi, qui en compte 543. Le scrutin dans cet Etat a été divisé en deux étapes, ce jeudi et le 23 avril. Pour jeudi prochain, le Parti communiste de l'Inde-Maoïste (PCI-M), clandestin, a appelé au boycottage.
Dans l'Etat voisin du Bihar, deux autres paramilitaires ont été tués et un blessé par des insurgés maoïstes, a rapporté l'agence officielle Press Trust of India (PTI).
Au sud du Jharkhandh, dans l'Etat du Chattisgarh - berceau de l'insurrection maoïste - les rebelles ont fait exploser un véhicule Jeep transportant des responsables électoraux: cinq d'entre eux y ont perdu la vie.
Enfin, dans deux départements de cet Etat reculé et couvert de jungle, des fusillades ont éclaté dès l'ouverture du scrutin.
Au moins 15 des 28 Etats fédérés de l'Union indienne - dans le centre, l'est et le sud - sont confrontés depuis 1967 à des poches de rébellions maoïstes. Au total, 165 des 600 départements du pays seraient, à des degrés divers, sous l'influence de ces combattants armés, que les Indiens surnomment les "naxalites".
Ils constituent la plus grande menace pour la sécurité nationale, avait averti, en 2006, le Premier ministre Manmohan Singh. En 2007, les violences liées aux insurrections maoïstes ont fait plus de 800 morts en Inde.
Les rebelles, quand on peut exceptionnellement les approcher, disent être en lutte armée contre les grands propriétaires terriens et les exploitations de minerais. (belga)
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