Le déploiement de la force ONU-UA au Darfour pourrait être retardé

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Par: rédaction
15/11/07 - 08h32

Le déploiement de la future force ONU-Union africaine au Darfour pourrait être retardé, car elle ne dispose toujours pas de la mobilité aérienne et d'unités spéciales indispensables, a averti mercredi un haut responsable de l'ONU. "Le temps nous est compté", a déclaré à la presse Jean-Marie Guéhenno, chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, à l'issue de discussions au Conseil de sécurité sur le déploiement de cette force "hybride" de quelque 26.000 hommes, dont les premiers éléments devaient être en place début 2008.

"Pour la première phase de 2008, nous avons besoin d'une force qui soit capable de faire face, car nous pensons que la mission sera mise à l'épreuve et si elle n'est pas en mesure de subir cette épreuve de manière crédible, ce sera très mauvais pour nos efforts au Darfour", a-t-il ajouté. "Il nous manque 18 hélicoptères de transport et six hélicoptères tactiques. Sans ces capacités, la mission n'aura pas la mobilité nécessaire pour renforcer un camp isolé qui serait attaqué ou venir en aide à une population qui serait attaquée", a précisé M. Guéhenno. Il a ajouté que la force n'avait pas non plus le feu vert du gouvernement soudanais pour déployer certaines unités non africaines pourtant indispensables à son efficacité.

"Nous n'avons pas encore une vision claire sur la possibilité de déployer certaines unités non africaines au début de la mission", a-t-il dit. Il s'agit de quatre unités: un bataillon d'infanterie thaïlandais, deux compagnies de réserve népalaise dont une de forces spéciales, et d'une compagnie du génie fournie par les pays nordiques, a-t-il précisé. Le gouvernement de Khartoum, qui s'est longtemps opposé au déploiement de cette force sur son territoire, n'a finalement accepté qu'à la condition qu'elle soit essentiellement africaine.

Mais la Thaïlande a été "le seul pays" à pouvoir offrir dès le début 2008 "un bataillon totalement équipé, très entraîné, à un moment crucial où la mission risque d'être testée", a expliqué M. Guéhenno. Le Népal a également été le seul pays au monde à offrir des forces spéciales, a-t-il poursuivi. "S'il y a des incidents comme ceux d'Haskanita ou si des civils sont attaqués quelque part, il faut une unité très entraînée pour immédiatement réagir", a-t-il souligné. A Haskanita, au Darfour sud, une unité de l'Amis, la force de l'UA que la mission hybride ONU-UA doit remplacer, avait été attaquée fin septembre par un groupe rebelle qui avait fait 10 morts dans ses rangs.

Quant à l'unité du génie nordique, il s'agit "d'avoir une unité hautement spécialisée qui peut renforcer la protection des camps, renforcer les aéroports, aider à la réparation des installations d'eau". "Chacune pour des raisons différentes a un rôle essentiel à jouer, il est important qu'elles se déploient tôt dans la mission", a insisté le responsable onusien. (afp)

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