Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a qualifié "l'islamophobie" de forme de racisme, à l'instar de l'antisémitisme, en ouvrant lundi à Genève la Conférence sur le racisme dite de "Durban II". Ban Ki-moon s'est également dit "profondément déçu" lundi de l'absence de certains pays, dont les Etats-Unis, à la Conférence sur le racisme dite de "Durban II", qui s'est ouverte à Genève.
Islamophobie
"Le racisme est la négation pure et simple des droits de l'homme. Il peut être institutionnalisé, comme l'Holocauste nous le rappelle constamment. Il peut aussi s'exprimer de manière moins formelle comme la haine contre un peuple ou une catégorie particulière -- comme l'antisémitisme, par exemple, ou plus récemment l'islamophobie", a-t-il déclaré.
Le concept d'"islamophobie" est très controversé car des ONG de défense des droits de l'homme et des Etats occidentaux estiment qu'il ouvre la voie à la répression du blasphème et à la condamnation de la "diffamation des religions". Ban Ki-moon s'est également dit déçu du boycott de pays occidentaux. "Je suis profondément déçu (...). Certaines nations, qui de droit devaient aider à tracer la voie vers un futur meilleur, ne sont pas là", a déclaré M. Ban dans son allocution d'ouverture au Palais des Nations.
Naïveté insitutionnalisée
"Hors de ces murs, des groupes d'intérêt de nombreuses obédiences politiques et idéologiques se sont opposés dans un climat d'acrimonie. Eux aussi devraient être avec nous, et parler", a-t-il ajouté. Pour M. Ban, la conférence, qui doit assurer le suivi de celle, houleuse et très controversée de Durban, en 2001 en Afrique du Sud, devait être placée sous le signe d'une "nouvelle ère de multilatéralisme" et se caractériser par "moins de confrontation et plus de dialogue, moins d'idéologie et plus de compréhension mutuelle".
Car "aucune société n'est immunisée" contre le racisme, qu'elle soit riche ou pauvre", a encore déploré le secrétaire général. Avant la conférence, M. Ban avait en outre "condamné le déni de l'Holocauste et ceux qui minimisent l'importance de l'Holocauste", dans un communiqué. La Conférence de l'ONU "contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui lui est associée", a été marquée avant même son ouverture par la défection ce week-end de plusieurs pays occidentaux et les craintes de dérapages antisémites liés à la venue du président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
M. Ahmadinejad, qui doit prononcer un discours dans le courant de l'après-midi, a accusé dimanche Israël de "porte-drapeau du racisme".
Dans ce contexte pesant, les Etats-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas l'Italie et l'Allemagne ont finalement annoncé qu'ils ne participeraient pas à la conférence. Israël et le Canada avaient, quant à eux, fait savoir de longue date qu'ils ne seraient pas présents. (belga/th)
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