La Commission européenne a annoncé mercredi qu'elle engagerait au moins 60 millions d'euros pour rétablir la sécurité en Somalie. "Les actes récents de piraterie ont réveillé la communauté internationale", a souligné son président, José Manuel Barroso.
Les montants promis par l'UE seront communiqués officiellement demain/jeudi, à l'occasion d'une conférence de donateurs. L'ONU espère y récolter 138 millions d'euros, dont une partie en équipements, pour soutenir durant un an les quelques 4.300 casques bleus ougandais et burundais déployés dans le pays (Amisom). Elle compte aussi sur un soutien direct de 24 millions d'euros en faveur des forces de sécurité somaliennes.
"Loi de la jungle"
"Depuis près de vingt ans, la Somalie ne bénéficie pas de l'Etat de droit mais est régie par la loi de la jungle. Maintenant, pour la première fois, la Somalie a un gouvernement crédible et la communauté internationale doit le soutenir", a souligné dans un communiqué le commissaire européen à l'aide humanitaire, Louis Michel.
Sur les ondes de la RTBF mercredi matin, il a par ailleurs insisté sur l'importance du soutien à la Somalie, sous peine de voir se développer un "clash des civilisations" et même se créer "un deuxième Moyen Orient en Afrique".
"Les actes récents de piraterie ont réveillé la communauté internationale, mais il serait faux de limiter la réponse à une intervention militaire", a quant à lui commenté le président de la Commission, José Manuel Barroso, lui aussi cité dans le communiqué.
Chaos
De plus en plus de clans somaliens se tournent vers la piraterie, une des activités les plus lucratives dans un pays livré au chaos depuis le début d'une guerre civile en 1991.
Ce pays très pauvre de la Corne de l'Afrique échappe en majeure partie au contrôle d'institutions de transition sans réels pouvoirs.
Depuis le retrait en décembre de l'armée éthiopienne qui soutenait le gouvernement de transition, l'Amisom est la dernière force étrangère présente.
Comptant 4.300 hommes, loin des 8.000 initialement prévus, l'Amisom est déployée à Mogadiscio depuis mars 2007 et est régulièrement la cible des insurgés islamistes radicaux. (belga)


