La conférence ministérielle du Commonwealth ouvre ses travaux mercredi à Kampala avant le sommet, à partir de vendredi, des chefs d'Etat et de gouvernement de l'organisation - dont la reine Elizabeth II - qui sera dominé par la possible suspension du Pakistan. Lors d'une réunion de son groupe ministériel d'action (CMAG), tenue à Londres le 12 novembre en prélude au sommet, l'organisation de 53 pays avait lancé un ultimatum de dix jours au président pakistanais Pervez Musharraf, qui a décrété l'état d'urgence dans son pays le 3 novembre.
Le CMAG avait alors menacé de suspendre le Pakistan si l'état d'urgence n'était pas levé, et les droits civiques restaurés, d'ici le 22 novembre. Cette date correspond à une réunion du CMAG qui précédera, jeudi, le sommet des dirigeants de l'organisation, du 23 au 25 novembre. Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a "fermement rejeté" les demandes du CMAG. Une suspension du Commonwealth reste largement symbolique.
Elle priverait le Pakistan de participer aux réunions et activités inter-gouvernementales de l'organisation et lui interdirait de participer à ses programmes d'assistance. Le dossier pakistanais devrait dominer les autres sujets à l'agenda du Commonwealth, en particulier le réchauffement climatique. Certains membres de l'organisation, comme les archipels des Maldives (dans l'océan Indien) et des Kiribati (Pacifique), sont directement menacés par la montée des eaux, ces territoires ne dépassant qu'à peine le niveau de la mer.
Le Commonwealth devrait également lancer un appel en faveur de la conclusion d'un accord, d'ici la fin de l'année, sur la libéralisation des échanges mondiaux au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Par ailleurs, les regards seront tournés vers le prince Charles, 59 ans, qui participera pour la première fois à un sommet du Commonwealth, certains y voyant le prélude à sa montée sur le trône en remplacement de sa mère la reine Elizabeth II, âgée de 81 ans.


