Angela Merkel "peut mieux faire" pour l'environnement

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Par: rédaction
21/11/07 - 11h32

"Peut mieux faire": c'est le message de mi-mandat adressé par les associations écologistes à la chancelière Angela Merkel, appelée à montrer la voie au niveau international, lors de la prochaine conférence sur le climat de Bali, mais aussi à donner l'exemple sur ses terres.

Mme Merkel, qui fête jeudi son deuxième anniversaire à la chancellerie, a fait de la lutte contre le réchauffement climatique la grande priorité de sa présidence du G8, qui s'achèvera le 31 décembre. A partir du 3 décembre à Bali, la chancelière allemande a bien l'intention de "jouer un rôle-clé", comme l'espère le patron du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), Achim Steiner. "C'est le devoir du gouvernement allemand que de s'engager pour donner une suite au Protocole de Kyoto" sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, qui expire en 2012, juge l'organisation Greenpeace.

Lors du sommet du G8 de Heiligendamm (nord de l'Allemagne), en juin, Mme Merkel avait arraché aux Etats-Unis une reconnaissance officielle des dangers du réchauffement climatique. Elle avait aussi encouragé le dialogue avec les pays émergents, qui ne veulent pas sacrifier leur croissance sur l'autel du climat. "Le gouvernement Merkel a réussi à éviter un enlisement des discussions internationales sur le réchauffement", résume l'organisation écologiste allemande BUND, dans un "bilan à mi-mandat" publié mardi.

Donner l'exemple
Mais ce qu'elle réclame à l'étranger, Mme Merkel ferait bien de l'appliquer avec plus de conviction en Allemagne, avertit Greenpeace, pour qui Berlin "met en péril son image d'élève modèle pour l'environnement." Soucieuse de donner l'exemple, l'Allemagne s'est fixé l'objectif très ambitieux d'une réduction de jusqu'à 40% d'ici 2020 de ses émissions de gaz à effet de serre. Irréaliste, juge Greenpeace, qui pense qu'avec l'arsenal législatif prévu par le gouvernement Merkel, Berlin arrivera dans le meilleur des cas à une réduction de 30%. Car la chancelière "plie devant les poids lourds de l'énergie et de l'industrie", déplore Andrée Böhling, experte du climat de l'organisation.

Greenpeace et BUND épinglent ainsi la construction prévue dans le pays de 25 centrales électriques fonctionnant au charbon, particulièrement polluantes. C'est l'une des nombreuses contradictions allemandes en matière d'environnement: l'Allemagne est leader mondial de l'énergie éolienne, mais a aussi sur son sol les deux centrales au charbon les plus polluantes d'Europe, à Niederaussem (ouest) et Jänschwalde (est). Autre reproche fait à Mme Merkel par les associations: son soutien à l'industrie automobile, moteur pour les exportations et l'emploi, mais très critiquée par les écologistes.

Pressions du lobby automobile
Berlin appuie sans faille Volkswagen, Daimler, BMW et autres Porsche, qui réclament à Bruxelles un traitement particulier dans le cadre du projet européen de réduction des émissions de CO2 des véhicules neufs. Mme Merkel bloque de plus toute limitation par voie légale de la vitesse sur les autoroutes allemandes, réclamée par les défenseurs de l'environnement mais conspuée par les constructeurs. Du côté des producteurs d'énergie renouvelable, le bilan à mi-mandat de la chancelière est mitigé.

Beau joueur, Milan Nitzschke, dirigeant de la Confédération du secteur (BREE), reconnaît que "par son engagement personnel, Mme Merkel a créé un climat nouveau pour les énergies renouvelables." "Mais la concrétisation se fait attendre", a-t-il dit à l'AFP. Les fabricants d'éoliennes, de panneaux solaires ou encore de biocarburants supplient en particulier le gouvernement Merkel de stopper la diminution progressive des avantages fiscaux et subventions accordés aux énergies "vertes." (afp)

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