Le ministre belge de la Coopération au développement, Charles Michel, a annoncé mardi à Kinshasa son intention de donner "un nouvel élan" à la coopération avec la République démocratique du Congo (RDC), alors que s'estompent les séquelles de la dernière crise belgo-congolaise.
La fourniture de l'aide au développement sera accélérée et elle sera concentrée sur quelques secteurs, afin d'être plus visible, ont convenu les deux parties au cours d'une réunion du "comité des partenaires" destinée à définir les priorités de la coopération belgo-congolaise.
Fin de crise
M. Michel a eu mardi un long entretien avec son homologue congolais, le ministre de la Coopération internationale et régionale, Raymond Tshibanda Ntunga Mulongo, pour évoquer cette "redynamisation" de la coopération, dans une nouvelle étape de la normalisation des relations entre Bruxelles et Kinshasa, qui ont traversé une grave crise l'an dernier.
Les relations entre la Belgique et son ancienne colonie avaient en effet frôlé la rupture après des propos tenus en avril par le ministre belge des Affaires étrangères, Karel de Gucht, sur la corruption en RDC qui avaient irrité les dirigeants congolais.
En représailles, le gouvernement de Kinshasa avait décidé le 23 mai dernier de rappeler en consultation son ambassadeur en Belgique, Jean-Pierre Mutamba Tshampanga, de fermer son consulat à Anvers et de demander à la Belgique de faire de même pour ses consulats à Lubumbashi (Katanga, sud-est) et à Bukavu (Sud-Kivu, est), pour protester contre des propos tenus par le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht.
Dialogue
M. De Gucht avait provoqué la colère des dirigeants congolais en affirmant, cinq jours plus tôt, que la Belgique, octroyant tous domaines confondus "environ 200 millions d'euros" par an à la RDC, avait "l'obligation morale" de prendre position sur ce qui s'y passe.
Mais Bruxelles et Kinshasa ont depuis lors tourné la page de cette crise de neuf mois par la publication en janvier d'une déclaration commune qui instaure entre leurs deux pays un dialogue "permanent, franc, ouvert et constructif, respectueux des institutions démocratiques et légitimes des deux Etats".
La crise avait entraîné le report de la réunion du "comité des partenaires" prévu en 2008. Mardi, MM. Tshibanda et Michel ont convenu d'exécuter au plus vite les projets agréés et qui ont enregistré un retard en raison des tensions diplomatiques.
Une commission mixte belgo-congolaise devrait se tenir d'ici la fin de l'année pour définir un nouveau programme de coopération débutant en 2010. Il remplacera l'actuel "Programme indicatif de Coopération" (PIC) belgo-congolais - d'un montant de 195 millions d'euros pour la période 2007-2009, soit 65 millions d'euros par an - qui ne sera donc pas mené à son terme.
Trop fragmentée
M. Michel a confirmé à Kinshasa sa volonté de concentrer l'aide belge au développement pour la RDC sur quelques secteurs, la jugeant actuellement "beaucoup trop fragmentée" mais trop peu visible - en comparaison avec les cinq "grands chantiers" du président Joseph Kabila, menés avec l'aide de la Chine et qui se traduisent par d'importants travaux d'infrastructures à Kinshasa.
Le rapport qualité-prix et l'efficacité seront les fils conducteurs de la coopération au développement de demain. "Mon intention, c'est de de faire de la Belgique un exemple pour les autres pays en matière de coopération bilatérale avec le Congo", a expliqué M. Michel.
Le ministre a précisé que les secteurs prioritaires seraient annoncés mercredi, mais assuré que les efforts en matière de bonne gouvernance seront poursuivis. C'est précisément l'absence de bonne gouvernance que M. De Gucht avait dénoncé.
"Je ne veux pas regarder vers le passé", a souligné mardi M. Michel, qui affirme s'inscrire totalement dans la déclaration conjointe signée le 24 janvier par les Premier ministres des deux pays, Herman Van Rompuy et Adolphe Muzito. (belga)


