Le drame d'Apeldoorn, l'"acte désespéré" d'un chômeur

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Par: rédaction
1/05/09 - 19h07

L'attaque "tragique" visant la famille royale néerlandaise jeudi lors de la Fête de la reine, qui a fait six morts dans la foule, serait "l'acte désespéré" d'un agent de sécurité au chômage, qui ne pouvait plus payer son loyer, affirmait vendredi la presse locale.

Vendredi, un gendarme est décédé de ses blessures, ce qui établit le bilan à sept morts, a annoncé le ministère de la Défense. Huit des dix personnes blessées étaient encore hospitalisées vendredi et l'une d'entre elles se trouvait dans un état critique.

"L'attaque semble être l'acte désespéré" d'un agent de sécurité "devenu chômeur il y a peu", titrait le quotidien chrétien Trouw.

Karst T., 38 ans, est décédé dans la nuit
L'auteur de cette agression, Karst T., 38 ans, est mort de ses blessures dans la nuit de jeudi à vendredi, a annoncé le parquet national qui s'est refusé à tout commentaire sur ses motivations.

"Il y a peu, il m'a annoncé qu'il avait été renvoyé et qu'il ne pouvait plus payer son loyer" de 580 euros, a expliqué au journal De Telegraaf le propriétaire de l'appartement où vivait Karst T. "Il devait remettre aujourd'hui les clés au nouveau locataire", a-t-il ajouté.

Rappelant qu'il s'agissait de la première attaque contre la famille royale depuis l'assassinat en 1584 du fondateur de la dynastie, Guillaume d'Orange, les journaux étalaient vendredi sur de pleines pages des images de "la tragédie sanglante".

Roulant à 100 km/h dans sa voiture noire, Karst T. avait embouti un monument après avoir foncé sur la foule réunie à Apeldoorn, dans le centre des Pays-Bas, pour le défilé célébrant la famille royale, faisant six morts et dix blessés.

"Sympathique", "calme" et "timide"
Ses voisins de Huissen (est) le décrivent comme un célibataire "sympathique" et "calme", bien qu'introverti et "timide", selon les journaux.

Karst T. avait confessé aux policiers accourus sur les lieux qu'il visait le convoi royal. Inconnu de la police, de la justice et des services du renseignement, il n'était pas soigné pour troubles psychiatriques, selon le parquet.

La Fête de la reine, célébrée aux Pays-Bas le 30 avril par des concerts, d'immenses vide-greniers dans les rues ou des fêtes foraines, avait commencé par le traditionnel défilé de la famille royale, organisé cette année à Apeldoorn.

La famille royale, notamment la reine Beatrix (71 ans), le prince héritier Willem-Alexander (42 ans) et son épouse Maxima, qui se trouvait sur le toit ouvert d'un autobus à impériale, était acclamée par des centaines de personnes arborant des vêtements ou accessoires oranges, la couleur de la dynastie.

Vendredi, des centaines de bouquets de fleurs ont été déposés sur les lieux du drame.

"La Fête de la reine, plus jamais la même"
Jeudi après-midi, la reine Beatrix avait exprimé, dans une allocution télévisée, son soutien aux proches des victimes. "Ce qui avait commencé comme un jour magnifique, s'est terminé en un horrible drame qui nous a tous très profondément choqués", avait-t-elle dit.

"La Fête de la reine ne sera plus jamais la même", soulignaient plusieurs journaux vendredi en prédisant que la protection de la famille royale serait renforcée. "On ne verra plus jamais une reine et sa famille que la foule peut librement approcher", estime De Volkskrant.

Les relations entre la maison royale et le public se sont toujours déroulées "sans trop de complications", rappelle Trouw qui cite en exemple "une reine qui monte simplement sur un vélo, mais aussi une reine qui peut se mouvoir parmi son peuple sans des mesures de sécurité trop voyantes". L'attaque va avoir "un coût": "la perte de la spontanéité", note le quotidien.

L'attaque touche "les bases de notre société"
L'attaque touche "les bases de notre société", affirme le journal économique Het Financieele Dagblad, en rappelant que la reine Beatrix qui "fait bien" son travail selon 85% des Néerlandais, "est le symbole fragile de l'unité dans un pays très divisé". (belga)

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