L'Europe s'inspire de la Wallonie pour contrer Le Pen
Le Parlement européen a modifié mercredi ses règles internes pour empêcher le leader d'extrême droite français Jean-Marie Le Pen de présider, en tant que doyen, la session inaugurale au lendemain du scrutin de juin. La réforme est inspirée par un incident similaire survenu au Parlement wallon.
Jurisprudence PetitjeanEn 2004, l'assemblée wallonne avait elle aussi changé ses procédures après qu'un élu du Front National, Charles Petitjean, eut obtenu brièvement la présidence grâce à son âge vénérable. Plutôt que de faire présider la session inaugurale par le député le plus âgé, le Parlement wallon avait décidé de confier à l'avenir cette responsabilité au président sortant ou, à défaut, au parlementaire le plus ancien.
Le Parlement européen a adopté mercredi une réforme similaire pour empêcher Jean-Marie Le Pen d'accéder au perchoir. Né en 1928, M. Le Pen sera en effet probablement, s'il est réélu, le député le plus âgé de la prochaine législature. Il aurait donc eu toutes les chances de présider la session inaugurale, prévue le 14 juillet.
Détail de l'HistoireCette éventualité a suscité une levée de boucliers à Strasbourg, d'autant plus que M. Le Pen a réitéré récemment ses commentaires très polémiques sur l'Holocauste.
Selon des sources parlementaires, la réforme adoptée mercredi a été inspirée de celle mise en oeuvre en Région wallonne. Les nouvelles règles prévoient que la session inaugurale sera présidée par le président sortant, s'il est réélu, ou par l'un des 14 vice-présidents sortants. A défaut, le parlementaire qui siège depuis le plus grand nombre d'années obtiendrait ce privilège. (belga/th)