Emotion et recueillement: plusieurs centaines de personnes ont défilé jeudi à Villiers-Le-Bel à la mémoire des deux adolescents morts dans la cité pour exiger que la vérité soit faite sur les circonstances de leur décès. Silencieux, le cortège composé en majorité de très jeunes gens, était conduit par les familles des victimes, précédées d'une banderole où l'on pouvait lire: "justice et vérité pour Moshin et Lakami".
Devant roulait un corbillard transportant le cercueil de Moshin. Sur le capot du véhicule avait été déployé un drapeau français et des portraits des deux adolescents avaient été apposés sur le pare-brise. "Aucun mot ne peut exprimer notre douleur", a déclaré Hawes, un jeune de vingt ans. Moshin Cehhouli, 15 ans, et Lakami Samoura, 16 ans, ont péri dimanche lors d'une collision entre leur mini-moto et un véhicule de police. Leur mort a été été suivie de deux nuits de très violents affrontements entre des groupes de jeunes et la police, alors que les premières conclusions des enquêteurs, ayant écarté toute responsabilité des policiers à bord du véhicule, ont déclenché une polémique.
La procureure de Pontoise a annoncé mercredi l'ouverture d'une information judiciaire contre X pour "homicides involontaires", une décision annoncée aux familles par le président de la République Nicolas Sarkozy. Le cortège, prévu à midi, est parti plus tôt alors que les représentants des médias étaient tenus à distance par un service d'ordre improvisé. Il a relié la salle Jacques-Brel, rue Pierre-Sémard, au gymnase Emile Zola où a eu lieu une cérémonie de prière funéraire. Ali Soumare, porte-parole des familles, a déclaré à la presse que celles-ci souhaitaient "observer un deuil de 40 jours". Interrogé sur leur état d'esprit, il a répondu: "c'est le deuil, elles sont tristes et solennelles, on aurait aimé ne pas avoir à enterrer des garçons de 15 ans. Les familles ont été touchées par la présence d'autant de gens".
Au sujet de l'enquête en cours, M. Soumare a souligné que "le travail de la famille s'arrête là où le travail de la justice commence. Un juge d'instruction a été nommé", a-t-il rappelé, expliquant que "maintenant les familles attendent". Le porte-parole a indiqué en outre que le corps de Moshin, accompagné de sa famille, serait acheminé vendredi au Maroc où les obsèques sont prévues. Vendredi, toujours, une prière funéraire sera organisée au gymnase Emile-Zola à la mémoire de Lakami dont le corps, accompagné de sa famille, sera transféré samedi au Sénégal. (belga)


