Des milliers de partisans du président zimbabwéen Robert Mugabe, au pouvoir depuis 27 ans, ont défilé vendredi dans les rues d'Harare pour soutenir sa candidature à la présidentielle de 2008.
Le rassemblement, à l'appel de l'Association des anciens combattants de la guerre de libération nationale du Zimbabwe (ZNLWVA), vise à "montrer au monde que nous sommes unis", a déclaré un porte-parole de l'association, Jabulani Sibanda. "Nous soutenons notre président, il est notre candidat pour les élections de 2008", a-t-il ajouté, devant les caméras de la télévision nationale. S'adressant à la foule, le président zimbabwéen, 83 ans, a longuement fustigé la Grande-Bretagne, qui s'opposait à ce qu'il soit invité au sommet Europe-Afrique le week-end prochain.
"Le Zimbabwe est un pays africain. Nous sommes totalement indépendants de la Grande-Bretagne. Que la Grande-Bretagne écoute cette leçon simple: le Zimbabwe n'est plus une colonie britannique!", a lancé M. Mugabe, discourant devant plusieurs milliers des vétérans de la guerre de libération des années 1970, quand le pays s'appelait encore la Rhodésie. Mardi, M. Mugabe a confirmé qu'il se rendrait bien à Lisbonne pour le sommet des 8 et 9 décembre. Le Premier ministre britannique Gordon Brown a ensuite annoncé qu'il boycotterait la réunion si le président zimbabwéen y participait.
Le président zimbabwéen a remercié les chefs d'Etat africains qui lui avaient apporté leur soutien: "je veux exprimer notre gratitude à nos collègues de la SADC (Communauté de développement de l'Afrique australe) pour leur appui au Zimbabwe dans sa revendication de souveraineté face à l'attaque de la Grande-Bretagne et ses alliés", a-t-il dit. S'adressant à l'assistance, où l'on reconnaissait des parlementaires et des ministres, le président a accusé des sociétés multinationales présentes au Zimbabwe de s'être associées avec ses adversaires occidentaux pour fomenter une rébellion contre son régime. "Ils retiennent des produits pour faire en sorte que le peuple se retourne contre le gouvernement", a-t-il accusé.
Les manifestants - hommes et femmes - avaient bloqué la circulation routière dans la capitale, avant de se rassembler dans un stade de football. Certains entonnait des chants des années 70, du temps de la lutte contre le régime de la minorité blanche. Les partisans du président avaient été acheminés depuis tout le pays par train, par camions ou dans des bus de location. Ils avaient défilé en agitant le drapeau national et celui du parti au pouvoir. (belga)


