L'essence des élections européennes ne sera pas "un match de boxe entre Dehaene et Verhofstadt", mais "un combat contre les eurosceptiques et les euroréalistes qui disent qu'on a besoin de moins d'Europe". C'est du moins l'interprétation de Jean-Luc Dehaene, qui tirera la liste du CD&V aux européennes.
"La lutte entre mon pragmatisme et son volontarisme n'est qu'un sous-aspect de ces élections", a dit vendredi M. Dehaene lors d'une conférence de presse. Pour l'ancien Premier ministre chrétien-démocrate, l'enjeu réel du scrutin est la place de l'Europe en période de crise, qu'il convient selon lui de défendre face aux eurosceptiques.
M. Dehaene a souligné que ses idées européennes ne sont pas très différentes de celles de l'homme qui lui a succédé au 16, rue de la Loi. Il ne se verrait toutefois pas signer un livre intitulé "Les Etats-Unis d'Europe", comme l'a fait Guy Verhofstadt. "Je n'ai pas peur de ce terme, mais je pars de la réalité et j'essaie de faire avancer les choses concrètement", a-t-il souligné, laissant entendre que l'approche de M. Verhofstadt manquait de réalisme.
M. Dehaene a par ailleurs défendu vendredi le président sortant de la Commission, José Manuel Barroso, contre les critiques exprimées notamment par M. Verhofstadt. "Je trouve un peu injuste de l'attaquer. Barroso doit travailler dans un contexte complètement différent que Jacques Delors", l'auréolé ex-président de la Commission européenne, selon M. Dehaene.
S'il admet que la Commission a tardé à agir face à la crise financière, Jean-Luc Dehaene trouve qu'elle a maintenant "partiellement refait son retard". (belga)


