Les Danois ne veulent pas de l'euro
Une majorité relative de Danois est opposée à l'adoption de l'euro, préférant garder l'exemption du Danemark sur la monnaie unique, obtenue en 1992 après le rejet danois du traité de Maastricht, selon un sondage de l'institut Ramboell publié jeudi dans Jyllands-Posten.
Pas une majorité écrasante45,2% des personnes interrogées se sont déclarées pour le maintien de cette dérogation tandis que 43,6% sont en faveur de sa levée et 11,1% ne se prononçant pas. Cette enquête montre un changement d'attitude de l'opinion par rapport à un sondage du même institut en janvier 2009, où 49,8% des Danois souhaitaient la suppression de cette exemption et 44,6% son maintien.
Ce reflux des partisans de l'euro a été sensible depuis l'année dernière, selon des sondages d'autres instituts. L'enquête de Ramboell a été réalisée du 4 au 6 mai auprès de 906 personnes. A trois semaines des élections européennes, l'enthousiasme des Danois pour l'Europe s'effrite. Ainsi le soutien à la défense européenne et à la politique policière et judiciaire commune perd du terrain, selon le même sondage.
La coopération européenne très contraignante40,4% des sondés sont favorables à la levée de la dérogation sur la défense commune et 40,1% sont en faveur de la préserver contre respectivement 44,3% et 42,0% lors d'une enquête de janvier 2008. La politique judiciaire et d'immigration commune a également moins d'adeptes avec 41,8% contre 46,5% en janvier 2008. Le camp des opposants à cette politique commune s'est renforcé, crédité 39,7% pour 39,1% en janvier 2008.
Selon Marlene Wind, experte en politique européenne, les réticences des Danois face à la levée de dérogations vieilles de 16 ans, est due notamment au fait que la population s'est aperçue, à un degré élevé, que la coopération européenne était sur ces points très contraignante. En outre, presqu'aucun politique, à l'exception du parti radical, ne s'est montré actif pour défendre la politique européenne, selon elle.
"Si personne ne défend l'UE, toutes les histoires et les mythes plus ou moins vrais sur l'Europe fleurissent, et cela crée des incertitudes dans l'opinion", a-t-elle déclaré, citée par Jyllands-Posten (conservateur). (belga/th)