Le chef du Pentagone en Aghanistan, en plein regain de violence

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Par: rédaction
3/12/07 - 18h15
Robert Gates entouré de l'équipage d'un C-17 américain.

Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, est arrivé lundi à Kaboul pour une visite surprise, pour évaluer les résultats de la lutte antiterroriste en cours en Afghanistan, confronté à un regain de violence des talibans et à la résurgence d'Al Qaïda.

"Le niveau global de violence (en Afghanistan) a augmenté depuis deux ou trois ans", a admis lundi M. Gates à des journalistes lors d'une courte étape à Djibouti.
"Je me soucie de savoir comment se poursuivent les progrès" sur le terrain, et "je veux en particulier m'informer de la situation dans le sud" du pays, où ont lieu les plus violents combats, a-t-il poursuivi. M. Gates doit évoquer ce sujet mi-décembre en Ecosse lors d'une réunion des pays de l'OTAN ayant des troupes dans le sud de l'Afghanistan.

M. Gates, dont c'est la troisième visite dans le pays depuis son arrivée à la tête du Pentagone fin 2006, compte par ailleurs "voir si les troubles au Pakistan ont des conséquences visibles en Afghanistan", alors que la récente agitation politique à Islamabad a fait craindre un relâchement côté pakistanais dans la surveillance des frontières et la lutte contre le terrorisme, a-t-il déclaré. Les attaques répétées des talibans, qui recourent de plus en plus aux attentats-suicides, ont mis à rude épreuve les 40.000 soldats de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF), que commande l'OTAN depuis août 2003.

En outre, "nous observons de premiers signes d'un regain d'activité de la part d'Al Qaïda" en Afghanistan, selon un haut responsable du Pentagone, alors que le groupe terroriste islamiste a récemment subi d'importants reculs en Irak.
Et les troubles au Pakistan pourraient avoir permis à des insurgés d'entrer dans le pays. "Nous avons des preuves que des combattants étrangers viennent notamment du Pakistan, et d'autres pays frontaliers", a assuré la même source.
Les deux voisins partagent une frontière longue et poreuse que traversent régulièrement les insurgés islamistes pour mener leurs opérations en Afghanistan contre le pouvoir central et les quelque 55.000 soldats étrangers qui le soutiennent. Les rebelles en Afghanistan bénéficient par ailleurs d'un certain soutien logistique et financier de l'Iran, selon les Etats-Unis.

"Nous sommes inquiets des activités de soutien de l'Iran aux insurgés en Afghanistan, dont nous avons des preuves", souligne-t-on au Pentagone, en évoquant notamment "le financement en l'envoi d'armes". De manière plus générale, "le financement des insurgés augmente", et "l'argent a différentes origines, mais vient notamment de la taxation des cultures de pavot par les talibans", estime-t-on côté américain, où l'on regrette que le gouvernement de Kaboul refuse l'éradication des champs de pavot par épandage aérien. L'ISAF compte actuellement près de 40.000 hommes, de 37 nationalités - dont près de 400 Belges.

Confrontés à une rébellion plus acharnée que prévu des talibans et à des pertes en hausse, certains des 37 pays de l'Isaf sont en train de revoir leur engagement, au grand dam des Etats-Unis qui réclament un partage des efforts.
D'autant que l'Isaf ne peut guère encore compter sur une armée nationale afghane encore en gestation. M. Gates doit rencontrer mardi le président afghan Karzaï, ainsi que le commandement américain et de l'ISAF. (belga)

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