Le nombre de personnes infectées chaque année par le virus du sida aux Etats-Unis pourrait avoir été minimisé de 20% à 50% dans les statistiques officielles, selon une étude menée par les autorités américaines de la Santé, dont la presse se fait l'écho samedi.
Le Wall Street Journal et le Washington Post, citant des chercheurs et des responsables de santé publique, affirment que le Centre de contrôle et de prévention des épidémies (CDC) d'Atlanta va publier l'année prochaine un rapport révélant que le nombre de personnes nouvellement contaminées pourrait en fait atteindre jusqu'à 60.000 par an dans le pays.
Pendant des années, le CDC avait chiffré le nombre des nouvelles infections à 40.000 par an. Mais de nouvelles techniques d'analyse - qui permettent de savoir si une personne a été contaminée au cours des cinq derniers mois - et la révision de la méthodologie devraient l'amener à reconnaître que l'épidémie pourrait ne pas s'être stabilisée autant qu'on le croyait.
Interrogé par le WSJ, le directeur de la division du CDC en charge de la prévention contre le sida, Robert Janssen, a refusé de commenter les nouveaux chiffres, en soulignant que les résultats de l'étude pouvaient encore changer à l'issue de de leur examen par des spécialistes extérieurs. Mais il a reconnu que l'objectif que s'était fixé le CDC en 2001 - ramener le nombre des nouvelles infections à moins de 20.000 par an - n'avait pas été tenu, faute de ressources suffisantes.
Le Washington Post affirme que les nouvelles données pourraient montrer que l'épidémie serait en fait de nouveau en phase ascendante. Le journal mentionne notamment que les statistiques en provenance de 33 Etats, où la collecte des informations est la mieux menée, montrent une augmentation de 13% des contaminations d'hommes homosexuels entre 2001 et 2005. Il y a quelques jours, l'organisation des Nations Unies organisant la lutte contre le sida, l'ONUSIDA, avait chiffré en forte baisse le nombre de personnes infectées dans le monde, à 33 millions, contre 39,5 précédemment estimé.
La révision à la hausse des chiffres américains et celle, à la baisse, pour l'ensemble du monde, "pose question sur la justesse de la compréhension qu'ont les responsables de santé publique de l'ampleur de l'épidémie", note le WSJ. (afp)


