La RDC a envoyé son plan de désarmement des rebelles hutus
La République démocratique du Congo (RDC) a envoyé vendredi au gouvernement rwandais une copie du plan détaillé qu'elle a préparé pour désarmer les rebelles hutus rwandais basés sur son territoire.
Kinshasa s'était engagé, le 9 novembre à Nairobi, à élaborer d'ici le 1er décembre un "plan pour éliminer la menace" constituée par les rebelles hutus rwandais basés dans l'est du pays et à lancer "d'urgence" des opérations militaires contre ces groupes. Ce plan vise à désarmer les ex-FAR (Forces armées rwandaises d'avant le génocide de 1994) et les milices hutues Interahamwe impliquées dans ce génocide et à "éliminer la menace qu'elles constituent", affirmait un document signé conjointement par les ministres congolais et rwandais des Affaires étrangères, Antipas Mbusa Nyamwisi et Charles Murigande.
Soutien de l'ONU
Ce texte, approuvé par des représentants des Nations Unies, de l'Union européenne et des Etats-Unis, demande en outre "à la MONUC (Mission de l'ONU en RDC) de fournir un soutien pour la planification et la mise en oeuvre" de ce plan "en accord avec son mandat et ses moyens". La RDC s'est aussi engagée "à lancer d'urgence des opérations militaires pour démanteler les ex-FAR/Interahamwe" qualifiés dans le document d'"organisation génocidaire-militaire".
Le terme ex-FAR/Interahamwe désigne des rebelles hutus rwandais essentiellement regroupés au sein des Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), créées en 2001. Certains des rebelles FDLR, estimés à environ 6.000 par l'ONU, ont participé au génocide rwandais de 1994, essentiellement dirigé contre la minorité tutsie et les Hutus modérés, et qui a fait selon l'ONU environ 800.000 morts.
RwandaDe son côté, le Rwanda s'est engagé à prendre "les mesures nécessaires pour sécuriser sa frontière et empêcher l'entrée ou la sortie de membres de tout groupe armé, en particulier de celui du chef de milice dissident (Laurent) Nkunda, et d'empêcher que toute forme de soutien - militaire, matériel ou humain - soit fourni à aucun groupe armé en RDC". Depuis la fin août, la province du Nord-Kivu est le théâtre de violents affrontements entre l'armée congolaise, qui y a massé quelque 20.000 hommes, et quelque 4.000 soldats insurgés ralliés au général déchu tutsi congolais Nkunda, qui refuse l'intégration de ses troupes au sein de l'armée nationale.
M. Kamanga a par ailleurs confirmé que la RDC, le Rwanda et l'Ouganda se retrouveraient le 5 décembre autour de la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, à Addis Abeda. Cette réunion permettra aux parties de continuer les discussions sur les voies et moyens du rétablissement de la paix dans l'est de la RDC et sur l'ensemble de la région des Grands Lacs. Mme Rice doit participer à plusieurs réunions internationales les 5 et 6 décembre à Addis Abeba avant d'assister à une réunion ministérielle de l'OTAN le 7 à Bruxelles. Le 5, elle prendra part à une réunion des pays des Grands Lacs (Burundi, RDC, Rwanda et Ouganda) consacrée à "la paix et la sécurité régionales".