Crédité de 67% des voix selon le dernier sondage de l'institut indépendant Levada, Russie unie, dont Vladimir Poutine est tête de liste aux législatives du 2 décembre, a tout d'une "machine à gagner", dans la bonne tradition du PCUS (Parti communiste de l'Union soviétique). Nombre de cadres du parti - à commencer par les gouverneurs, maires et autres responsables locaux - ont d'ailleurs fait leurs premières armes au PCUS, parfois à très haut niveau.
Au niveau national, le parti, "fer de lance" politique du Kremlin, peut compter sur 1,7 million de membres. Comme au temps de l'URSS, mieux vaut en être membre si l'on veut faire carrière dans l'administration et les entreprises publiques, employeur numéro un du pays. "L'armature du parti, ce sont les fonctionnaires. Russie unie n'a pas d'idéologie, pas de programme réel", explique Nikolaï Petrov, politologue à la Fondation Carnegie à Moscou. "Il compte aussi pas mal de professions libérales, de sportifs - comme toujours dans le parti du pouvoir - et beaucoup de profiteurs, de conformistes, des hommes d'affaires car le business est très lié aux administrations en Russie", ajoute-t-il.
Fort de ces puissants contributeurs, Russie Unie dispose d'un trésor de guerre. Ses immenses affiches barrées du slogan "Le Plan Poutine, c'est la victoire de la Russie" trônent en bonne place sur toutes les grandes avenues de Nijni-Novgorod, là où les autres partis sont invisibles. Pour la campagne des législatives, la fédération de Nijni-Novgorod s'est par exemple offert les services de 7.500 "propagandistes", rémunérés 5.000 roubles (140 euros) le mois - somme non négligeable en Russie - pour faire du porte à porte auprès des 2,5 millions d'habitants que compte la région. Une véritable "machine à gagner" au profit de Vladimir Poutine alors que l'opposition semble inexistante et impuissante face à ce mécanisme.


