Le MI5, les services de renseignement intérieur britanniques, avait renoncé à renforcer la surveillance du chef des auteurs des attentats meurtriers du 7 juillet 2005 à Londres par manque de moyens humains, a déterminé une commission parlementaire dans un rapport publié mardi.
Khan, "fraudeur à la petite semaine"
La commission sur le renseignement et la sécurité a cependant exonéré le MI5 de toute erreur, les décisions prises en 2004 et 2005 étant "compréhensibles et raisonnables". Mais elle a considéré "effarant" qu'en 2004, le MI5 n'était en mesure d'assurer une surveillance "raisonnable" que d'un terroriste présumé sur vingt.
Le MI5 avait déjà reconnu avoir commencé, avant les attentats, à surveiller Mohamed Sidique Khan, le chef du groupe de quatre kamikazes qui avaient causé la mort le 7 juillet 2005 de 52 personnes dans les transports en commun de Londres.
Mais le MI5 a délaissé Khan car il ne pensait pas que ce "fraudeur à la petite semaine" constituait une menace directe, a constaté la commission, acceptant ces raisons.
"Chiffres effarants"
Le rapport détaille les six occasions où Khan a croisé la route de la police ou du MI5 entre 1993 et 2005. Il établit aussi que Khan figurait parmi les 40 hommes photographiés en 2001 par la police du West Yorkshire (centre-ouest) dans un camp d'entraînement militaire, mais qu'il n'avait été identifié que des années plus tard.
Selon le rapport, en 2004, la surveillance par le MI5 de plus de 60% des cibles était décrite comme "inadéquate" ou "inexistante", et 54 cibles pourtant considérées comme "essentielles" étaient laissées sans aucune surveillance.
"Plusieurs centaines de milliers d'agents" nécessaires
Ces "chiffres effarants" contraignaient le MI5 à "établir des priorités au sein même de ce groupe essentiel", ont reconnu les parlementaires. La commission considère qu'il faudrait au MI5 "plusieurs centaines de milliers d'agents", contre 3.500 actuellement, pour offrir une surveillance exhaustive.
Le rapport conclut également qu'il n'existe "aucune information spécifique confirmée selon laquelle il y aurait eu un cinquième kamikaze ou un cerveau derrière ces attentats", mais qu'il est probable que les terroristes "étaient dirigés d'une manière ou d'une autre par des éléments d'Al-Qaïda basés à l'étranger".


