Les mineurs sud-africains en grève mardi pour leur sécurité

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Par: rédaction
4/12/07 - 11h32

Quelque 250.000 mineurs sont appelés à la grève mardi en Afrique du Sud pour exprimer leurs inquiétudes sur les conditions de sécurité dans les mines du pays, où 200 ouvriers meurent en moyenne chaque année.

Il s'agit de la première grève nationale portant sur des questions de sécurité en Afrique du Sud, l'une des premières puissances minières du monde. C'est aussi le premier mouvement national des mineurs depuis 1987. Bravant la répression du régime d'apartheid, ils avaient alors interrompu le travail pendant 21 jours pour que soient revus leurs misérables salaires.

Mardi, les quelque 700 mines du pays devraient tourner au ralenti voire stopper leur production. La Chambre des mines, qui représente les compagnies minières, a refusé d'estimer le montant des pertes envisagées. La grève est à l'appel du Syndicat national des mineurs (NUM), le plus important syndicat du pays avec 240.000 membres. Le NUM compte aussi sur la participation de mineurs non syndiqués.

La grève vise à "rappeler à l'industrie qu'il y a de sérieux problèmes de sécurité" et qu'elle "ne fait pas assez pour améliorer la situation", a déclaré à l'AFP le porte-parole du NUM, Lesiba Seshoka. Le syndicat souhaite que l'industrie minière investisse dans du matériel pour prévoir les éboulements, dans la formation de ses salariés et dans la maintenance des puits, a-t-il précisé. En moyenne, plus de quinze mineurs meurent chaque mois dans les mines d'Afrique du Sud, l'un des premiers producteurs d'or, de diamants, et de platine. Ce taux de mortalité est de 50% supérieur à celui des Etats-Unis, de l'Australie ou du Canada.

La Chambre des mines a reconnu ne pas atteindre depuis deux ans les objectifs qu'elle s'est fixés -- à savoir de diminuer chaque année le nombre de morts pour atteindre 20% de décès annuels en moins en 2013. "Nous avions fait de beaux progrès en 2005, mais aucun en 2006. Et en 2007, nous avons réduit nos performances", a reconnu récemment Sietse van der Woude, conseiller pour les questions de sécurité à la Chambre. Cependant, selon Jabu Maphalala, responsable de la communication de l'organisation, "sur dix ans, le nombre de décès a diminué".

"Nous faisons tout ce que nous pouvons", a-t-il assuré, soulignant que les mines sud-africaines étaient parmi les plus profondes au monde, et donc plus dangereuses par nature. Le 4 octobre, à cause d'un problème d'ascenseur, plus de 3.200 mineurs étaient restés bloqués pour certains pendant plus de 24 heures, à plus de deux kilomètres de profondeur dans une mine d'or située à une centaine de km au sud-ouest de Johannesburg. A la suite de cet incident, le président Thabo Mbeki a ordonné un audit de toutes les mines du pays.

"Nous sommes en train de finaliser les détails du protocole. L'audit devrait commencer en décembre", a précisé la porte-parole du ministère de l'Energie et des Minéraux, Bontlen Mafuna. Le NUM et la Chambre des mines ont également signé un accord cette semaine pour se rencontrer régulièrement à haut niveau à partir de 2008 dans le but de réfléchir à des moyens d'améliorer la sécurité dans les mines. L'industrie minière a généré 195 milliards de rands (28,6 milliards USD, 19 milliards EUR) de recettes locales l'an dernier et 355 milliards de rands à l'exportation, ce qui en fait la première source de devises étrangères pour l'Afrique du Sud, selon la Chambre des mines. (afp)

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