La Birmanie accuse des opposants d'avoir monté l'affaire Yettaw/Suu Kyi

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Par: rédaction
22/05/09 - 13h30

La Birmanie a accusé vendredi des forces hostiles à la junte au pouvoir d'avoir orchestré la venue d'un Américain chez l'opposante Aung San Suu Kyi et est allée jusqu'à se demander si le visiteur en question était un "agent secret" ou son "petit ami".

Quarante-huit heures après avoir fait un geste en ouvrant le procès de Mme Suu Kyi pour une journée aux diplomates et aux journalistes, le régime militaire est reparti à l'offensive en multipliant accusations et insinuations.

Aung San Suu Kyi, 63 ans, est jugée depuis lundi dernier pour avoir, selon les autorités, enfreint les règles de son assignation à résidence en hébergeant pendant deux jours début mai l'Américain John Yettaw, mormon excentrique de 53 ans qui a réussi bizarrement à nager jusqu'à la maison de l'opposante, située au bord d'un lac.

Vendredi, le quotidien New Light of Myanmar, contrôlé par les généraux, a rapporté que le ministre birman des Affaires étrangères Nyan Win avait expliqué en détail la position de son pays sur cette affaire lors d'un entretien téléphonique avec son homologue japonais Hirofumi Nakasone.

Il a affirmé que l'incident Yettaw/Suu Kyi aurait été provoqué par l'opposition, et non par le gouvernement, alors que la Birmanie "essaie d'améliorer ses relations à travers le monde, y compris avec les Etats-Unis, le Japon et les nations européennes".

Le ministre a estimé "probable que cet incident ait été monté de toutes pièces de manière opportune par des éléments anti-gouvernementaux internes et externes pour accroître la pression internationale sur la Birmanie", a encore indiqué le journal officiel du régime.

Lorsque le pouvoir birman se réfère à des "éléments anti-gouvernementaux internes et externes", il vise généralement la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Mme Suu Kyi et les groupes d'opposants birmans en exil.

Selon un diplomate occidental en poste à Rangoun, ces accusations reflètent un "certain désarroi" de la part de la junte qui semble "naviguer à vue" après l'indignation internationale suscitée par le procès de Mme Suu Kyi, dont la période d'assignation à résidence expirait le 27 mai.

A Hong Kong, le consul général de Birmanie, Ye Myint Aung, a posté une lettre sur le site web du consulat qui comporte de multiples insinuations. "Certains de nos amis se posent des questions sur un Américain qui a traversé le lac Inya et a rendu visite secrètement à Mme Aung Sang Suu Kyi", écrit-il.

"Leur question est de savoir pourquoi il a nagé jusqu'à elle et de quoi ils ont discuté. Franchement, nous ne savons absolument pas s'il est soit un agent secret, soit son petit ami".

Ce consul avait soulevé une vive controverse en février dernier lorsqu'il avait qualifié de "vilains comme des ogres" des réfugiés Rohingyas de la minorité musulmane en Birmanie.

Selon des témoins, la sécurité a été renforcée vendredi devant la prison d'Insein, au nord de Rangoun, où Mme Suu Kyi a été transférée la semaine dernière en vue de son procès. Celui-ci a retrouvé jeudi son format à huis clos, au lendemain d'une audience où des diplomates et des journalistes étaient exceptionnellement présents. (belga/chds)

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