Sarkozy condamne la colonisation, Alger souhaite toujours des excuses

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Par: rédaction
4/12/07 - 14h35

Alger a relevé avec satisfaction mardi la ferme condamnation par le président Nicolas Sarkozy du système colonial, mais aurait souhaité qu'elle fut accompagnée des excuses exigées par un noyau dur de vétérans sur les "crimes" du colonialisme en Algérie.


"Ca va dans le bon sens, mais ce n'est pas assez", a commenté le ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni, un proche du président Abdelaziz Bouteflika, premier à réagir officiellement aux déclarations de M. Sarkozy lundi soir devant un parterre de chefs d'entreprises algériens et français. "Je ne sais pas si les excuses sont nécessaires, mais utiles elles le seront toujours", a-t-il ajouté, en marge de la visite que le chef de l'Etat français effectuait au site archéologique de Tipaza (70 km à l'ouest d'Alger).

L'absence d'excuses "n'empêchera pas d'avoir une vision nouvelle de nos relations. En France comme en Algérie, nous sommes condamnés à croire à une amitié possible", a-t-il poursuivi. Alger avait émis plusieurs signaux, avant la visite de M. Sarkozy, indiquant que la question de la "repentance" de la France devait être écartée des discussions. "Il faut la laisser au temps", avait notamment déclaré le ministre des Affaires étrangères Mourad Médelci la semaine dernière à Paris.

Plusieurs journaux ont fait état en "une", mais sans les commenter, des déclarations de M. Sarkozy, intervenues tard lundi soir à la limite du bouclage. Le journal arabophone Al Khabar a souligné que s'agissant de l'Algérie, la France pratiquait la politique des "deux poids, deux mesures", en se référant à la reconnaissance par le président Jacques Chirac de la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des juifs de France. Le Quotidien d'Oran (francophone) a relevé pour sa part le "clair-obscur", selon lui, des déclarations de M. Sarkozy.

Dans un discours équilibré, le président Sarkozy, a réitéré son refus de se repentir des "crimes" imputés à la France après l'invasion de l'Algérie en 1830 et durant la guerre d'indépendance (1954-62). Mais il a aussi fermement condamné le système colonial et appelé à combattre le racisme, l'antisémitisme et l'islamophobie. Ils ont "le visage de la haine et de la bêtise", a-t-il dit. "Oui, le système colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République: liberté, égalité, fraternité", a dit M. Sarkozy.

"Mais il est aussi juste de dire qu'à l'intérieur de ce système, il y avait beaucoup d'hommes et de femmes qui ont aimé l'Algérie, avant de devoir la quitter. Oui, des crimes terribles ont été commis tout au long de la guerre d'indépendance, qui a fait d'innombrables victimes des deux côtés". "C'est toutes les victimes que je veux honorer", a-t-il souligné. Le refus de Paris de "s'excuser" a fait capoter la signature en 2005 d'un traité d'amitié voulu par les présidents Jacques Chirac et Bouteflika et auquel M. Sarkozy a renoncé.

Il lui sera substitué une "convention de coopération" fixant le cadre de la coopération entre les deux pays pour les dix prochaines années, qui sera signé en présence des deux chefs d'Etat. Le noyau dur des vétérans algériens, qui ne veut pas désarmer, continue à exiger des excuses de la France, préalables, selon lui, à toute normalisation politique entre les deux pays, au-delà des accords commerciaux et industriels en cours.

"Nous ne tournerons pas la page des crimes de la France avant que des excuses nous soient présentées", avait affirmé jeudi le chef de la puissante Organisation nationale des Moudjahidine (ONM), Saïd Abadou. (belga)

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