Islamabad en état d'alerte après un nouvel attentat suicide
La capitale pakistanaise Islamabad est en état d'alerte, quadrillée par les forces de l'ordre au lendemain d'un attentat suicide qui y a tué deux policiers.
Les policiers multiplient les contrôle de véhicules dans les rues de la capitale, postés aux nombreux barrages de blocs de béton installés ces derniers jours, tentant d'éviter de nouveaux attentats au moment où l'armée poursuit son offensive contre les talibans dans le nord-ouest du pays.
La capitale est ainsi quadrillée comme jamais depuis le début de la vague d'attentats rebelles contre les autorités, à l'été 2007.
Etat de haute alerte"La police d'Islamabad est en état de haute alerte. Nous avons pris des mesures de sécurité supplémentaires après l'attentat de samedi", a confirmé à l'AFP un responsable policier sous couvert d'anonymat.
Samedi soir, deux policiers ont été tués et trois personnes blessées dans un attentat suicide contre un centre de secours de la police de la capitale.
L'attentat suicide, non revendiqué, était le premier du genre à Islamabad depuis celui qui avait coûté la vie à huit paramilitaires le 4 avril dernier.
Eradiquer l'extrémisme qui sème la terreurLe Premier ministre Yousuf Raza Gilani a réagi en réaffirmant sa détermination à éradiquer l'extrémisme, et donc à poursuivre l'offensive lancée fin avril dans le nord-ouest pour mettre fin à la progression des talibans.
Les rebelles sont responsables d'une vague sans précédent d'attentats qui a fait plus de 2.000 morts dans le pays depuis juillet 2007.
Le 27 mai à Lahore (est), un autre centre de secours de la police et un immeuble des services secrets pakistanais avaient été la cible d'un attentat qui avait fait au moins 24 morts.
Les talibans pakistanais avaient revendiqué l'attentat, en le présentant comme des représailles à l'offensive militaire en cours de l'armée contre ces combattants islamistes liés à Al-Qaïda, notamment dans la vallée de Swat.
Les repaires de talibans en ligne de mireLes combats se poursuivent encore ce dimanche près de Mingora, chef-lieu de la vallée, où les hélicoptères de l'armée bombardent des repaires de talibans, également traqués au sol par les soldats, selon la police locale.
Toujours dans le nord-ouest, des heurts entre groupes talibans rivaux ont fait quatre morts dans le district tribal de Bajaur, proche de la frontière afghane, selon un responsable de l'administration locale, Faramosh Khan.
L'affrontement a eu lieu samedi soir dans le village de Mamound après qu'une faction dissidente du mouvement des talibans du Pakistan (TTP) a enlevé un commandant rival, a précisé la même source.
Bajaur, un bastion d'Al QaïdaUne trentaine de partisans du chef local du TTP, le maulana Faqir Mohammad, ont donné l'assaut contre le campement où le groupe dissident retenait son otage. Un membre du TTP et trois du groupe rival ont été tués, ce dernier déplorant également huit blessés, selon M. Khan. L'otage a été libéré, ont précisé des habitants du village.
Faqir Mohammad est un proche adjoint du chef du TTP, Baitullah Mehsud, responsable rebelle le plus recherché par les autorités pakistanaises.
Bajaur fait partie des zones tribales semi-autonomes du Pakistan, devenues un repaire des talibans et de leurs alliés d'Al Qaïda à partir de la fin 2001, lorsque les premiers ont été chassés du pouvoir dans l'Afghanistan voisin par la coalition militaire emmenée par les Etats-Unis. (belga/acx)