"Je suis venu à l'école américaine. Elle éduquait vos enfants, elle était financée par mon pays et je constate qu'elle a été délibérément détruite par des bombes larguées par des F-16 fabriqués dans mon pays. Je me sens en partie responsable (...)"
MISE À JOUR
"Ce n'est pas bien de voir cette destruction, mais ce n'est pas bien non plus de voir des roquettes tomber sur Sdérot. Toute cette violence doit cesser", a encore dit M. Carter.
L'ancien président américain Jimmy Carter, en tournée régionale, a entamé mardi une visite dans la bande de Gaza contrôlée par les islamistes du Hamas avec lesquels il doit notamment évoquer le sort d'un soldat israélien détenu dans ce territoire depuis près de trois ans.
"Je dois retenir mes larmes"
M. Carter, arrivé par le terminal d'Erez en provenance d'Israël, s'est rendu sur des sites détruits par l'offensive israélienne entre décembre et janvier qui a fait plus de 1.400 morts selon les Palestiniens. Il a notamment visité le site d'une école américaine totalement détruite dans un raid aérien israélien durant l'offensive. "Je suis très affecté. Je dois retenir mes larmes en voyant la destruction qui a été infligée sur votre peuple", a-t-il déclaré.
"Je me sens en partie responsable"
"Je suis venu à l'école américaine. Elle éduquait vos enfants, elle était financée par mon pays et je constate qu'elle a été délibérément détruite par des bombes larguées par des F-16 fabriqués dans mon pays. Je me sens en partie responsable pour ce qui s'est passé et tous les Américains et les Israéliens doivent avoir le même sentiment", a-t-il ajouté.
"Toute cette violence doit cesser"
"Ce n'est pas bien de voir cette destruction, mais ce n'est pas bien non plus de voir des roquettes tomber sur Sdérot (dans le sud d'Israël). Toute cette violence doit cesser", a-t-il encore dit. M. Carter devait ensuite s'entretenir avec des responsables de l'Unrwa, l'agence de l'ONU d'aide aux réfugiés palestiniens.
Rencontre prévue avec Ismail Haniyeh
Le moment fort de sa visite sera sa rencontre prévue avec Ismaïl Haniyeh, le chef du gouvernement du Hamas, une organisation considérée comme terroriste par Washington. Vendredi à Jérusalem, M. Carter s'était fait remettre par le père du soldat israélien Gilad Shalit, détenu à Gaza depuis son enlèvement le 25 juin 2006, une lettre destinée à son fils. M. Carter devait transmettre ce message à des responsable du Hamas lors de sa visite.
"Ils sont traîtés comme des barbares"
Dans une interview publiée mardi par le quotidien israélien Haaretz, M. Carter a déploré le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, où la situation humanitaire est décrite comme alarmante par des ONG humanitaires internationales. "Ils (la population de Gaza) sont traités comme des barbares. L'allègement de leur souffrance est à mon sens la chose la plus importante que le Premier ministre israélien (Benjamin Netanyahu) puisse faire", a-t-il dit.
Carter fustige le silence de la communauté internationale sur Gaza
M. Carter s'est ensuite entretenu à Gaza-ville avec des responsables de l'Unrwa, l'agence de l'ONU d'aide aux réfugiés palestiniens. Il a déploré le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, où la situation humanitaire est décrite comme alarmante par des ONG humanitaires internationales. "Tragiquement, la communauté internationale reste trop souvent indifférente aux cris de détresse, et les citoyens de Palestine sont traités comme des animaux plutôt que des êtres humains", a-t-il dit.
Affirmant que "1,5 million de personnes (la population de la bande de Gaza) sont privées des besoins élémentaires de la vie", il a assuré que "jamais dans l'Histoire une aussi grande communauté n'a été brutalement dévastée par des bombes et des missiles et ensuite privée des moyens de s'en remettre". "Mon pays et nos amis en Europe doivent faire tout ce qui est nécessaire pour convaincre Israël et l'Egypte d'autoriser l'entrée des produits de première nécessité à Gaza. En même temps les roquettes (tirées vers Israël) doivent cesser", a-t-il ajouté.
Saving private Shalit
En juin 2008, les parents de Gilad Shalit avaient reçu une lettre de leur fils par l'entremise du Centre Carter, dirigé par l'ex-président américain, deux mois après une rencontre à Damas entre M. Carter et le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal. Gilad Shalit, qui a aussi la nationalité française, a été capturé le par des groupes armés palestiniens lors d'une opération de commando en territoire israélien, en bordure de la bande de Gaza.
Israël et le Hamas se sont rejeté la responsabilité de l'échec des négociations menées ensuite par l'intermédiaire de l'Egypte pour sa libération en échange de centaines de prisonniers palestiniens et dont les dernières s'étaient tenues en mars. (belga/th)


