L'UE rassure les Irlandais avant un second référendum
Les dirigeants européens se sont efforcés vendredi de rassurer les électeurs irlandais avant un second référendum sur le traité de Lisbonne. Ils ont promis que le traité n'affecterait pas la souveraineté de l'Irlande en matière fiscale, de défense et d'avortement. Ces promesses auront une force légale, mais ne nécessiteront pas un nouveau tour de ratification.
Pas d'armée européenneLes garanties irlandaises disposent, entre autres, qu'"aucune disposition du traité de Lisbonne ne modifie de quelque manière que ce soit, pour aucun Etat membre, l'étendue ou la mise en oeuvre de la compétence de l'UE dans le domaine fiscal". Elles soulignent aussi que le traité "ne prévoit pas la création d'une armée européenne ni de conscription pour une quelconque formation militaire".
Ces textes n'apportent en réalité rien de neuf, mais ils clarifient certains aspects du traité de Lisbonne ayant suscité la polémique avant le premier référendum en Irlande, qui s'était soldé par une victoire du "non" avec plus de 53% des suffrages.
ClarificationsPour achever de convaincre les Irlandais, les dirigeants européens ont accepté de donner une force contraignante aux garanties, qui seront coulées dans un protocole. Celui-ci sera joint au traité d'adhésion du prochain pays à rejoindre l'Union, sans doute la Croatie.
Les 27 n'ont par contre pas accepté que ce protocole soit lié au traité de Lisbonne lui-même. Cela aurait été synonyme d'un nouveau tour de ratification, un scénario tabou pour plusieurs autres pays, comme la Belgique. Une nouvelle ratification aurait en effet à nouveau retardé l'entrée en vigueur de réformes institutionnelles dont on discute depuis... la dernière présidence belge, en 2001.
Référendum début octobre?Les contorsions diplomatiques des 27 rappellent les garanties semblables qui avaient déjà été données à l'Irlande en 2002, pour convaincre ses électeurs de changer d'avis sur le traité de Nice. Celui-ci aussi avait été rejeté lors d'un premier référendum, avant d'être approuvé par un second vote.
Le Premier ministre irlandais, Brian Cowen, a annoncé vendredi que le prochain scrutin serait organisé à l'automne. "Je pense que pourrions être prêts à organiser un référendum début octobre", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet.