Le président français Nicolas Sarkozy a qualifié d'"inexcusable" l'attitude de Téhéran "face au désir légitime de vérité d'une grande partie de la population iranienne", après la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, dans une interview à l'agence de presse Qatar News agency.
"Extrêmement inquiétant"
"Ce qui se passe en Iran est extrêmement inquiétant, et l'attitude des autorités de Téhéran face au désir légitime de vérité d'une grande partie de la population iranienne est inexcusable", a affirmé M. Sarkozy. Le président français a accordé cette interview à l'agence qatarie à la veille d'une visite d'Etat de Cheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani, émir du Qatar.
"Téhéran, après avoir conduit son peuple à l'isolement en se mettant de lui-même au ban de la communauté internationale" en raison de son programme nucléaire, à visée militaire selon les Occidentaux, "le prive aujourd'hui de ses droits démocratiques les plus élémentaires", affirme M. Sarkozy.
"Il faut que la lumière soit faite sur ces élections"
"C'est aux Iraniens eux-mêmes de choisir leurs dirigeants. Il faut que la lumière soit faite sur ces élections, parce que les Iraniens ont droit à la transparence et à la vérité. Il faut que la répression et les violences contre des manifestants pacifiques cessent, parce qu'elles n'ont aucune justification", ajoute-t-il.
M. Sarkozy ajoute qu'"il faut que les libertés d'expression, de communication, que le travail des journalistes, iraniens comme étrangers, soient respectés". Le président français juge aussi que la crise du nucléaire iranien "pose à la sécurité de la région et du monde une menace immédiate. C'est même l'un des plus grands dangers qui pèsent aujourd'hui sur la sécurité internationale", estime-t-il.
Un Iran "doté de l'arme nucléaire est clairement inacceptable"
"Je veux quand même rappeler que c'est l'Iran qui menace de rayer un pays de la carte (ndlr: Israël), pas l'inverse", ajoute M. Sarkozy, en réaffirmant que "la perspective d'un Iran doté de l'arme nucléaire est clairement inacceptable". Selon lui, "c'est donc la résolution de la crise du nucléaire iranien qui rendra possible l'édification d'une zone sans armes de destruction massive et leurs vecteurs au Moyen-Orient, et non l'inverse. Le Conseil de sécurité des Nations Unies ne dit d'ailleurs pas autre chose".
Dix personnes au moins ont été tuées et plus de 100 blessées samedi lors des dernières manifestations à Téhéran, selon des médias officiels. Dimanche, Téhéran a durci le ton contre la Grande-Bretagne, accusée d'avoir voulu influencer le scrutin présidentiel en Iran. Le correspondant de la BBC a été expulsé. Trois journalistes iraniens ont également été arrêtés et incarcérés, selon l'association Reporters sans frontières (RSF). (belga/th)
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