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Diversité de façade maintenue dans le nouveau gouvernement Fillon

La diversité tous azimuts, composante de la politique d'ouverture du président Nicolas Sarkozy, est maintenue dans le nouveau gouvernement Fillon, avec quelques surprises, mais la gauche continue à y voir de la poudre aux yeux.

Frédéric Mitterand "n'est nullement socialiste"

C'est l'arrivée de l'atypique Frédéric Mitterrand, neveu de l'ancien président socialiste, à la Culture qui constitue le principal "coup" du remaniement. Cet homme de culture et de télévision aimant conter l'histoire des têtes couronnées, homosexuel déclaré, n'est nullement socialiste, comme le rappelle son cousin Gilbert Mitterrand. Il apporte cependant avec lui son nom, ce qui contribue à brouiller légèrement l'image de droite du gouvernement, au grand dam de la gauche.

Dati, Yade, Amara et Penchard, la France multicolore
Si Rachida Dati, image emblématique de la diversité et de l'ascension sociale rejoint le parlement de Strasbourg, une autre femme d'origine maghrébine fait son entrée, elle aussi avec une histoire de famille modeste et méritante: l'eurodéputée UMP Nora Berra ne récolte cependant qu'un secrétariat d'Etat chargé des "aînés".

Fadela Amara reste à la Ville et la populaire Rama Yade a gagné le pari d'avoir dit "non" au président et de survivre au remaniement, mais la ministre rebelle d'origine sénégalaise passe d'un secrétariat d'Etat en vue et contesté, les Droits de l'homme, à celui plus discret des Sports.

La Guadeloupéenne Marie-Luce Penchard, nommée à l'Outre-mer, dossier très sensible, est la première personnalité des DOM à siéger au gouvernement depuis Léon Bertrand, ministre du Tourisme dans le gouvernement Villepin.

Laporte et Boutin s'en vont
Ces entrées sont compensées par des départs de personnalités incarnant la société civile ou revendiquant leur petite musique, comme Bernard Laporte, ancien entraîneur du XV de France, qui abandonne les Sports, ou Christine Boutin, évincée du Logement alors qu'elle se targuait d'avoir l'oreille du président et de faire entendre la voix des catholiques pratiquants sur les sujets de société.

Le centriste Mercier incarne l'ouverture?
Quant à l'ouverture politique, elle ne se fait plus à gauche et s'incarne par la seule arrivée du centriste Michel Mercier, pierre dans le jardin de François Bayrou. Pour le ministre de l'Immigration Eric Besson, "la phase d'ouverture est aujourd'hui consolidée".

Cet ex-socialiste devenu secrétaire général adjoint de l'UMP admet que "personne n'est insensible au nom" du nouveau ministre de la Culture. "Ce n'était pas le but de sa nomination mais c'est la cerise sur le gâteau". A gauche, on conteste avec force cette analyse.

Le PS n'y croit pas
"En fait d'ouverture, le président de la République continue à placer ses hommes, ceux de l'appareil de l'UMP à tous les rouages, à tous les niveaux de l'Etat", lance Harlem Désir, de la direction du PS. Le député Vert François de Rugy considère que Nicolas Sarkozy "s'est incontestablement recentré sur l'UMP", tout en "cédant à nouveau à la tentation du casting".

Les éditorialistes étaient eux aussi circonspects sur les nouveaux entrants et "l'effet d'optique" Frédéric Mitterrand (La République des Pyrénées), jugeant que Nicolas Sarkozy avait privilégié le recadrage sur l'ouverture. Le gouvernement est "une garde sarkozienne compacte et efficace" et l'ouverture "aura duré ce que durent les roses sur un champ de bataille, l'espace d'une manoeuvre", écrit Libération.

Mais l'opération Mitterrand est généralement jugée habile: Sarkozy s'est "offert un patronyme qui est aussi une marque prestigieuse et signifiante en direction du monde de la culture et des jeunes", selon Ouest-France. (afp/th)
24/06/09 15h15
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