Le principal groupe armé dans le sud pétrolifère du Nigeria, le Mend, a annoncé avoir lancé une nouvelle attaque dans la nuit de jeudi à vendredi contre une installation pétrolière de forage dans l'Etat du Delta, en représailles à une action militaire.
Expédition punitive
Dans un courriel adressé à la presse, le Mouvement d'émancipation du Delta du Niger (Mend) affirme avoir fait "sauter une tête de puits" sur le champ pétrolier d'Afremo.
L'attaque aurait été menée à la suite d'une "expédition punitive" de l'armée nigériane contre un village pour "raser les maisons de militants présumés, et ce quelques heures après l'offre d'amnistie du président Yar'adua".
Selon le courriel du groupe armé, la même installation avait déjà été attaquée dimanche dernier et appartiendrait au géant anglo-néerlandais Shell.
Shell avait démenti et, selon un responsable de la compagnie interrogé vendredi par l'AFP, l'opérateur du champ d'Afremo serait la compagnie Sahara Oil, non loin d'un site opéré par l'anglo-néerlandais.
Amnistie
Dans l'espoir de faire cesser les attaques contre les compagnies pétrolières, le président Umaru Yar'Adua avait solennellement offert jeudi une amnistie pour les groupes armés du sud pétrolifère qui déposeront les armes d'ici à 2 ou 3 mois.
"J'offre l'amnistie et le pardon sans condition à toutes les personnes qui ont directement ou indirectement pris part à des délits associés aux activités des militants dans le delta du Niger", avait annoncé Umaru Yar'Adua après avoir signé la déclaration d'amnistie.
Le Mend a fait savoir depuis des semaines qu'il rejetterait une telle offre d'amnistie, multipliant au contraire les opérations depuis qu'il a lancé une "guerre du pétrole" le 7 juin.
Jeudi, il a notamment revendiqué une attaque contre un oléoduc de Shell qui alimente le terminal d'exportation de Bonny, dans l'Etat de Rivers, en s'adressant directement au président russe Dmitri Medvedev alors en visite au Nigeria.
Le président Medvedev venait d'annoncer que la Russie allait investir massivement dans le pétrole et le gaz dans le pays, en construisant notamment un gazoduc dans le sud.
Menaces
"C'est le sort que nous réservons à tous les oléoducs que vous projetez d'implanter si la justice n'accompagne pas l'ensemble du processus", avait averti le groupe clandestin.
Lors d'une conférence de presse commune avec Medvedev, le président Yar'adua avait pour sa part promis que la région pétrolifère du Nigeria serait "pacifiée et stable à la fin 2009".
Depuis 2006, le delta du Niger, une région clé pour le Nigeria qui en tire 90% de ses devises, est secoué par des violences perpétrées par des groupes armés affirmant agir au nom des populations locales pauvres et pour une meilleure répartition des richesses.
Ces violences ont fait chuter la production de brut nigérian d'environ un tiers depuis 2006. Sa production s'élève à environ 1,8 million de barils par jour actuellement, contre environ 2,6 mbj à l'époque. (belga)


