Avant les législatives, l'Allemagne redoute des attentats
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contexte
A trois mois des législatives, l'Allemagne redoute des attentats comme ceux qui ont frappé l'Espagne en 2004 avant le scrutin, pour contraindre Berlin à retirer ses troupes d'Afghanistan.
"Nous prenons très au sérieux les menaces""Nous avons reçu des avertissements, et nous prenons très au sérieux les menaces selon lesquelles on cherche à contraindre l'Allemagne à retirer la Bundeswehr d'Afghanistan", a déclaré jeudi le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, August Hanning. "Nous observons une augmentation des voyages" d'islamistes entre le Pakistan et l'Allemagne, a-t-il précisé.
Une réunion au sommet se tenait le même jour à Berlin pour discuter d'un renforcement de la surveillance anti-terroriste. "Nous travaillons sans relâche sur tout l'éventail de la sécurité et nous nous préparons même à une éventuelle phase de chaos", a reconnu un haut membre des services de sécurité sous couvert de l'anonymat, jeudi dans le quotidien
Süddeutsche Zeitung.
Menaces par vidéo pour forcer le retrait d'AfghanistanLes vidéos menaçant directement l'Allemagne d'attentats si elle ne retire pas ses 3.800 soldats d'Afghanistan se sont multipliées sur internet ces derniers mois, montrant des hommes en armes sur décor montagneux asiatique, et parfois tournées en allemand. Les autorités font le parallèle avec Madrid, frappée par des attentats islamistes en mars 2004 (191 morts), quelques jours seulement avant les élections législatives espagnoles.
L'une des premières décisions du nouveau chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, avait été d'annoncer le retrait espagnol d'Irak. Pour les terroristes, le contexte allemand est favorable: jamais le déploiement en Afghanistan n'a été aussi impopulaire en Allemagne. Près des deux-tiers du pays (61%) souhaitent un retrait de la Bundeswehr, selon un sondage publié mercredi.
35 soldats allemands morts en AfghanistanTrois soldats allemands ont été tués fin juin en Afghanistan, portant à 35 le nombre des pertes allemandes depuis le déploiement en 2002 de la Bundeswehr, qui y essuie de plus en plus d'attaques. Mais le risque d'attentats ne se réduit en aucun cas à la question afghane, souligne Berlin. "Il peut y avoir des attentats contre des Allemands à l'étranger mais aussi sur le sol allemand", a dit M. Hanning.
Bien sûr, "tout sera mis en oeuvre" pour contrarier les projets des terroristes. "Nous avons pu déjouer depuis l'an 2000 six tentatives d'attentats en Allemagne", a-t-il dit. Comme en 2006, où deux valises piégées avaient été retrouvées dans des trains régionaux en Rhénanie (ouest). Ou en 2007, avec le démantèlement d'une cellule terroriste qui préparait des attentats à la voiture piégée visant principalement des intérêts américains.
L'Allemagne, "une cible claire d'Al-Qaïda"Les bombes devaient exploser avant le vote parlementaire qui a prolongé l'engagement allemand en Afghanistan, le 12 octobre 2007. L'Allemagne est pour les terroristes islamistes à la fois "une zone de repli", "un terrain d'opérations" et, depuis quelque temps, "une cible claire d'Al-Qaïda", selon les services secrets. Plus de 120 islamistes d'Allemagne auraient suivi des entraînements terroristes au Pakistan. La moitié serait de retour en Allemagne. Et 15% seraient des Allemands convertis à l'islam, du jamais vu.
Les députés du Bundestag n'en devaient pas moins approuver jeudi soir le déploiement de soldats de la Bundeswehr à bord d'avions Awacs pour des surveillances du ciel afghan. La chancelière Angela Merkel a réaffirmé jeudi sans ambiguïté son soutien à la mission afghane. "Il n'y a pas d'autre solution raisonnable", selon elle. (afp/th)