Le président croate Stipe Mesic a annoncé vendredi avoir désigné la conservatrice Jadranka Kosor au poste de Premier ministre, une première dans le pays, suite à la démission surprise de l'ex-chef du gouvernement Ivo Sanader.
Jadranka "Kosor m'a donné les preuves qu'elle disposait de la majorité nécessaire (au parlement), donc ce soir je lui donne le mandat pour former le gouvernement", a déclaré M. Mesic à la presse.
"J'attends du nouveau gouvernement la poursuite claire et ferme d'une politique pro-européenne", a-t-il ajouté.
"La Croatie doit poursuivre les réformes déjà en cours, doit continuer
à lutter contre la corruption et le crime organisé et doit poursuivre sa
coopération entière avec le Tribunal pénal international" (TPI) pour
l'ex-Yougoslavie, a affirmé M. Mesic.
Evoquant la situation économique du pays, gravement affectée par la
crise économique internationale, le président a dit souhaiter voir son
pays disposer "aussi rapidement que possible d'un gouvernement qui
s'attachera à lutter contre les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui".
Le parlement croate doit se réunir lundi pour valider le gouvernement
de Mme Kosor.
Mercredi, le charismatique leader du parti de la Communauté
démocratique croate (HDZ), Ivo Sanader, a annoncé d'une manière inattendue qu'il quittait la vie politique, démissionnant de ses fonctions de Premier ministre et de chef du HDZ.
Il a entre autres affirmé que le blocage des négociations croates
d'adhésion à l'UE avait contribué à sa décision.
Ouvertes en 2005, ces pourparlers sont bloqués depuis décembre en
raison d'un différend frontalier avec la Slovénie.
Plusieurs tentatives de Bruxelles d'aider à sortir de l'impasse ont
échoué et aucune solution n'est en vue alors que Zagreb et la Commission européenne comptaient achever l'aspect technique des négociations à la fin de l'année.
Vendredi, M. Sanader a réitéré ses accusations à l'adresse de
Bruxelles.
"J'ai fait valoir à des hommes politiques européens qui cherchaient
une explication à mon geste que ma décision représentait aussi une
protestation contre un comportement inacceptable à l'adresse de la
Croatie", a dit M. Sanader à la presse.
"Je n'ai pas voulu participer aux +petits jeux politiques+ d'une
partie des hommes politiques européens qui (...) n'ont pas déployé les efforts nécessaires pour faire cesser le chantage sans précédent de la Slovénie", a-t-il ajouté. (belga)


