De nouveaux troubles ont éclaté mardi à Urumqi, deux jours après des émeutes meurtrières dans la capitale régionale du Xinjiang (nord-ouest de la Chine), a-t-on constaté, tandis que l'agence officielle annonçait des scènes de "chaos" dans la ville.
Dans le centre, des centaines de Hans armés de bâtons, de pelles et de hachoirs, sont descendus dans la rue mardi après-midi et se sont dirigés vers le centre d'Urumqi, où les émeutes ethniques ont fait 156 morts dimanche. Ces manifestants voulaient rejoindre la place du Peuple, mais ont été stoppés par la police.
Alors qu'un mouvement de dispersion était en cours, certains ont affirmé qu'ils "reviendraient", disant leur colère d'avoir été la cible des violences commises contre leur communauté par des Ouïghours, ethnie musulmane et turcophone majoritaire dans la région du Xinjiang. "Nous sommes juste des citoyens normaux qui essayons de nous protéger. On a entendu parler de violences et on est sorti dans la rue. Mais nous reviendrons", a lancé un manifestant, Wang Li, portant un grand bâton de bois.
"Nous sommes très en colère. Il y a déjà eu 200 de nos compatriotes tués", a pour sa part déclaré Liu Xiang, 21 ans. Bâton en main, un autre Han, nommé Chen, a affirmé que "c'était juste pour assurer sa protection". "Il y a des gens mauvais autour. Nous voulons nous protéger. Dans certains pays étrangers on a des armes, ici on a ça", a-t-il dit.
L'agence Chine Nouvelle a affirmé que des rassemblements similaires ou des scènes avec des gens qui couraient paniqués, s'étaient déroulés dans plusieurs quartiers d'Urumqi, notamment près de la garde ferroviaire du Sud. De nombreuses personnes ont notamment cherché refuge à l'hôpital municipal, tandis que les commerces proches des incidents fermaient, selon la même source.
Un anonyme cité par l'agence a affirmé : "Nous ne nous cacherons plus. Nous rendrons les coups s'ils (les émeutiers) viennent".
Des journalistes de Chine Nouvelle ont été visés par des jets de pierre qui ont cessé lorsqu'ils se sont identifiés. (afp/mb)


