Scandale des écoutes illégales en Grande-Bretagne
Plusieurs personnalités au centre du scandale en Grande-Bretagne sur les écoutes illégales auxquelles auraient eu recours des tabloïds, envisagent de porter plainte, ont rapporté vendredi les médias. Des avocats ont été contactés par des personnalités de la télévision, de la politique ou du sport, dont les téléphones auraient été placés sur écoute par des détectives privés engagés par l'hebdomadaire dominical
News of the World et le quotidien populaire
The Sun, propriétés du groupe du magnat australien Rupert Murdoch.
Un avocat, Mark Stephens, a raconté avoir été approché par deux personnes de renom cherchant des conseils juridiques, et connaître plusieurs collègues dans le même cas.
"En ce moment, on peut dire que les gens étudient leurs options", a-t-il déclaré. Le
Guardian, à l'origine des révélations jeudi, a ajouté vendredi deux noms de sportifs à la longue liste des victimes présumées: ceux du footballeur Alan Shearer, ancien international anglais, et du manageur du club de Manchester United, Sir Alan Ferguson. Le mannequin Elle Macpherson, l'actrice Gwyneth Paltrow, le chanteur George Michael, l'agent des stars Max Clifford, l'ancien vice-Premier ministre John Prescott et le maire de Londres, Boris Johnson, avaient déjà été cités. Le
News of the World, principal visé, et le
Sun - les plus forts tirages au Royaume-Uni - appartiennent à News Group Newspapers, une subdivision de l'empire des médias de Rupert Murdoch, News Corp.
Selon le Guardian, News Group Newspapers aurait eu recours aux services de détectives privés pour pirater des "milliers" de téléphones et obtenir des informations confidentielles. Le groupe aurait ensuite acheté le silence de trois victimes, dont Gordon Taylor, responsable de la Professional Footballers Association, le syndicat des footballeurs anglais, en leur versant plus d'un million de livres (1,1 million d'euros) pour éviter des poursuites.
Le Parquet a annoncé jeudi qu'il allait passer en revue tous les éléments en sa possession, à la suite d'une enquête liée à cette affaire il y a trois ans.
Scotland Yard a de son côté conclu qu'il n'y avait pas d'éléments nouveaux justifiant de rouvrir l'enquête. (afp)