La Russie et les 28 pays de l'OTAN ont calmement confronté leurs vues mercredi sur l'élargissement de l'Alliance atlantique jusqu'aux frontières russes, près d'un an après la guerre
russo-géorgienne qui a gravement affecté leurs relations.
"Nos partenaires de l'Otan nous ont beaucoup questionnés sur les raisons pour lesquelles nous considérons comme une menace l'élargissement de l'OTAN, l'installation des infrastructures militaires de l'OTAN de plus en plus près de nos frontières", a déclaré à la presse un haut fonctionnaire russe.
Venu tout spécialement de Moscou, il venait de participer à une réunion du Conseil OTAN-Russie au siège bruxellois de l'Alliance atlantique, l'une des premières depuis la reprise des relations à haut niveau entre l'OTAN et Moscou, fin juin.
Là, devant les ambassadeurs des pays de l'OTAN et leur collègue russe Dmitri Rogozine, il a exposé les grandes lignes de la nouvelle "stratégie nationale de sécurité" que la Russie a adoptée le 12 mai dernier, et qui dépeint l'Otan et les Etats-Unis comme les menaces principales.
M. Rogozine a décrit la séance comme un "dialogue intellectuel
conduisant au dialogue politique", et permettant à son pays d'expliciter sa vision du monde, alors que l'OTAN a elle-même lancé la réflexion sur son propre nouveau "concept stratégique" qu'elle veut adopter fin 2010.
Alors que le vice-président américain Joe Biden est arrivé mercredi en Géorgie, pour réaffirmer le soutien de Washington à Tbilissi, M. Nazarov a redit que la brève guerre russo-géorgienne des 7-12 août 2008 avait sérieusement porté atteinte à la "confiance" entre Moscou et les Occidentaux. La Géorgie, ancienne république soviétique, aspire encore à adhérer à l'OTAN malgré l'hostilité de la Russie.
Après le gel des relations OTAN-Russie décidée par les alliés le 19
août 2008 pour sanctionner Moscou, elles n'ont repris au niveau ministériel que le 27 juin dernier à Corfou (Grèce).
La dédramatisation des divergences est cependant désormais à l'ordre du jour. "Certains ambassadeurs ont évoqué la visite du président Dmitri Medvedev (le 13 juillet) au territoire sécessionniste géorgien d'Ossétie du Sud, comme un exemple des questions sur lesquelles le Conseil Otan-Russie n'allait pas tomber d'accord", a simplement indiqué le porte-parole de l'OTAN, James Appathurai. (belga)
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