Le Kosovo deviendra indépendant en mai 2008 si les Etats-Unis et les principaux pays de l'Union européenne prennent résolument en charge le processus, estime l'influent groupe de réflexion International Crisis Group (ICG). Mais, souligne l'ICG, "l'Occident devra maintenir les pressions et les encouragements sur la Serbie pour qu'elle accepte la réalité. L'acceptation prendra du temps".
Ceci, explique l'ICG, est d'autant plus nécessaire que la perte du Kosovo risque de renforcer les sentiments nationalistes en Serbie et affaiblir sa volonté d'intégrer l'UE. Après l'échec des négociations entre Serbes et Kosovars albanais, "la France, l'Allemagne, l'Italie, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis doivent, malgré l'opposition serbe et russe, commencer rapidement à mettre en application un plan pour orchestrer une transition pacifique qui culminera par l'indépendance conditionnée du Kosovo en mai 2008", indique l'ICG dans son dernier rapport sur le Kosovo.
Selon l'ICG, les Occidentaux doivent sans tarder commencer la mise en oeuvre du plan favorable à l'indépendance du Kosovo que le médiateur de l'ONU, l'ancien président finlandais Martti Ahtisaari, a présenté au début de l'année. Belgrade et Moscou l'ont rejeté et obtenu de nouvelles négociations sous l'égide d'une Troïka (Etats-Unis/Russie/UE) qui doit achever sa mission le 10 décembre sans avoir réussi non plus à trouver un compromis entre Belgrade et Pristina.
"L'UE doit dire officiellement lors du Conseil européen du 14 décembre qu'elle considère que les négociations entre la Serbie et le Kosovo sont terminées (...) et qu'elle est prête à déployer sa mission" au Kosovo, estime ICG. Le plan Ahtisaari a en effet prévu que l'UE prendrait la relève de la mission de l'ONU au Kosovo avec une mission civile forte de 1.800 personnes parmi lesquelles 1.400 policiers et dont le coût a été évalué à 150 millions d'euros par an.
La mission de l'UE pourrait commencer début 2008 après avoir été approuvée en décembre par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, selon ICG. "Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France devront travailler dur à New York et être prêts à accepter une détérioration de leurs relations avec la Russie pour s'assurer qu'une claire majorité au Conseil de sécurité soutiendra le processus", note ICG. "Ainsi, la scène sera prête en janvier pour que le gouvernement du Kosovo annonce son intention de déclarer l'indépendance (...) en mai", ajoute ICG.


