Le gouvernement américain a accepté qu'une juge fédérale ordonne la libération d'un détenu afghan de Guantanamo, Mohammed Jawad, arrêté en 2002 alors qu'il était mineur, moyennant un délai de trois semaines, selon des documents judiciaires dont l'AFP s'est procuré copie jeudi.
Toute l'injustice de cette guerre concentrée en un cas
Le gouvernement demande à la juge de lui donner ce délai de trois semaines pour le renvoyer en Afghanistan, en vertu, affirme-t-il, de l'obligation faite par le Congrès en juin que tout transfert de Guantanamo lui soit notifié à l'avance.
L'accusation "suggère au tribunal de prendre une décision (...) autorisant le gouvernement sous sept jours à soumettre au Congrès un rapport (sur le détenu), et prévoyant qu'une fois le délai de 15 jours demandé par le Congrès expiré, il organise rapidement la libération du détenu de Guantanamo".
Le gouvernement précise avoir "transféré le jeune homme vers le Camp Iguana" de Guantanamo, le moins restrictif où séjournent les détenus attendant leur libération. Une audience devant la juge fédérale Ellen Huvelle, en charge du dossier, devait se tenir jeudi matin à Washington.
"Nouveaux éléments à charge" contre le jeune homme
La semaine dernière, le gouvernement avait annoncé qu'il poursuivait l'instruction à charge de Mohammed Jawad mais dans le but de le traduire devant un tribunal de droit commun et non plus devant une juridiction militaire d'exception. Il avait assuré disposer de "nouveaux éléments à charge" contre le jeune homme.
Le gouvernement afghan a réclamé le retour de Mohammed Jawad proposant d'affréter lui-même un avion puisque le Congrès a temporairement interdit à l'administration Obama toute dépense pour transférer un détenu à moins qu'il lui notifie deux semaines à l'avance, le temps pour lui de vérifier que cette libération ne met pas en danger la sécurité nationale.
Selon Kaboul et les avocats du jeune détenu, Mohammed Jawad a été arrêté à l'âge de 12 ans. Les Américains l'accusent d'avoir lancé une grenade contre un convoi, blessant deux personnes à Kaboul, fin 2002. (belga/th)


