Lettre de soutien d'Elie Wiesel et de 44 prix Nobel aux dissidents iraniens
"Nous, les signataires de cette lettre et lauréats du prix Nobel, condamnons fermement les violations flagrantes des droits de l'homme qui ont eu lieu après l'élection présidentielle en Iran."
Pour M. Wiesel, "l'Iran est une dictature. (...) Et sous une dictature, moi je privilégie toujours les victimes".
Le prix Nobel de la Paix Elie Wiesel et 44 autres lauréats, dont l'archevêque sud-africain Desmond Tutu, ont publié lundi une lettre ouverte à Shirin Ebadi et aux dissidents iraniens, les exhortant "à ne pas perdre espoir" après les présidentielles contestées en Iran.
"Ne pas perdre espoir"Les 45 lauréats - la plupart dans les sciences exactes - appellent Shirin Ebadi, qui a reçu le prix Nobel de la Paix en 2003 pour son action en faveur des droits de l'homme en Iran, et tous les opposants au président iranien Mahmoud Ahmadinejad à "ne pas se sentir abandonnés".
"Nous, les signataires de cette lettre et lauréats du prix Nobel, condamnons fermement les violations flagrantes des droits de l'homme qui ont eu lieu après l'élection présidentielle en Iran", écrivent les scientifiques et intellectuels dans cette lettre ouverte qui occupe une pleine page du
New York Times et de son édition internationale, l'
International Herald Tribune.
"La pire des tortures c'est de se sentir abandonné"L'encart a été payé par la Fondation Elie Wiesel, dont le siège est à New York. Elie Wiesel, prix Nobel de la Paix 1986, a indiqué que ce geste visait à "rassurer ceux qui s'opposent à la dictature (iranienne) pour qu'ils ne se sentent pas abandonnés. Pour moi, la pire des tortures c'est de se sentir abandonné".
Lundi, le guide suprême d'Iran, Ali Khamenei, a confirmé la réélection contestée du président Ahmadinejad pour un nouveau mandant de quatre ans. Pour M. Wiesel, "l'Iran est une dictature. (...) Et sous une dictature, moi je privilégie toujours les victimes".
"Sous une dictature, moi je privilégie toujours les victimes"M. Wiesel, qui a survécu à l'Holocauste, a indiqué ne pas avoir contacté Shirin Ebadi, car il dit "craindre des représailles" à l'encontre de cette dernière si elle venait à s'engager trop ouvertement à ses côtés.
Parmi les cosignataires se trouvent l'écrivain nigérian Wole Soyinka, prix Nobel de Littérature 1986, ou encore l'Irlandaise Betty Williams, prix Nobel de la paix 1976. (belga/th)