La candidate d'Obama à la Cour suprême sûre d'être nommée
La candidate de Barack Obama à la Cour suprême, Sonia Sotomayor, qui devrait devenir la première femme d'origine hispanique à occuper un poste aussi prestigieux, devrait être nommée par le Sénat d'ici vendredi, mais seulement après un débat qui s'annonce vif.
Programmée pour commencer mardi, la discussion du Sénat américain en séance plénière devrait s'achever jeudi soir ou vendredi matin, où aura lieu le vote final, selon Jim Manley, porte-parole de Harry Reid, le leader démocrate de la chambre haute.
EmpathieNée en 1954 de parents porto-ricains, élevée dans le quartier sensible du Bronx à New York, diabétique, divorcée sans enfant: Mme Sotomayor est la candidate de l'"empathie" voulue par le président américain, consciente des problèmes quotidiens de chaque Américain. Elle a souvent parlé des salles d'audience comme du "dernier refuge des opprimés".
Mais en pleine tempête politique autour de l'assurance maladie, de l'augmentation des chiffres du chômage ou de la fermeture de Guantanamo, les luttes partisanes ont pris le dessus lors de ses séances de confirmation devant la commission des Affaires judiciaires du Sénat en juillet.
Tout au long de ce grand oral, Mme Sotomayor s'est efforcée de démentir les accusations de parti-pris ethnique, promettant "fidélité à la loi" et désavouant avec force une de ses déclarations passées selon laquelle "une femme hispanique avisée" ferait un meilleur juge qu'un homme blanc.
VotesAu final, cette juge de cour d'appel à New York, vue par l'administration Obama comme une modérée de gauche qui pouvait rallier le vote conservateur, peut compter, outre les 60 voix démocrates (dont deux indépendants) sur 100 au Sénat, sur six votes républicains.
A titre indicatif, la commission des Affaires judiciaires du Sénat, qui doit présenter son rapport mardi devant l'ensemble des sénateurs a voté en sa faveur par 13 voix, dont un seul républicain, contre 6. Mme Sotomayor disposera néanmoins de plus de suffrages que le dernier juge nommé en date, Samuel Alito, candidat de George W. Bush sur la fin de son second mandat en 2006, qui n'avait été confirmé que par 52 voix pour et 48 contre.
CritiquesOutre le souvenir cuisant de cette laborieuse confirmation, les républicains reprochent notamment à Mme Sotomayor ses positions sur l'avortement ou les armes. Le puissant lobby des armes à feu, la NRA, a appelé à rejeter sa nomination, une donnée capitale dans le vote républicain, susceptible de compter davantage encore que la peur de déplaire à la communauté hispanique.
Mais les élus conservateurs craignent également que ses décisions soient guidées par son expérience plus que par le respect de la lettre de la Constitution américaine. Ainsi le sénateur John McCain, candidat républicain malheureux à la présidentielle de 2008, a-t-il annoncé qu'il voterait contre sa nomination bien qu'il lui reconnaisse toute "l'expérience professionnelle et les qualifications qu'on attend d'un juge à la Cour suprême".
"Quelqu'un qui n'évalue pas le bon sens des limites posées au pouvoir judiciaire dans notre système démocratique, ne dispose pas des qualifications essentielles pour être nommé à vie à la Cour", a expliqué M. McCain. Le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs a estimé mardi que la décision du sénateur républicain était "décevante". (afp)