Le calme revient à Bagnolet

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Par: rédaction
11/08/09 - 20h18

Deux jours après la mort de Yakou Sanogo, un jeune homme de 18 ans qui tentait d'échapper à la police à moto, la tension était redescendue mardi à Bagnolet, en banlieue parisienne, où un dialogue entre élus et jeunes en colère s'est esquissé.

La situation "stablilisée"
"La tension est en train de redescendre", a déclaré le maire de Bagnolet, Marc Everbecq, soulagé après une journée tendue, lundi, au cours de laquelle certains groupes de jeunes menaçaient de se "venger", imputant la mort de leur ami aux policiers. "Il y a eu des agitateurs qui poussaient pour que ça prenne l'allure d'une émeute urbaine comme en 2005 à Clichy-sous-Bois, mais ce ne sera pas le cas", a lancé l'élu optimiste à l'AFP.

Au lendemain d'une nuit émaillée de légers incidents, la préfecture de Seine-Saint-Denis affirmait mardi que la situation s'était "stabilisée". Selon le Parquet de Bobigny, Yakou a trouvé la mort sur une moto de cross, dont l'usage est interdit en ville, en percutant violemment des barrières métalliques dans son quartier, alors qu'il tentait d'échapper à un contrôle de police dimanche soir.

La version du procureur convainc les habitants
Il a succombé à un "traumatisme thoracique". L'autopsie n'a pas décelé d'autre lésion et, selon le procureur, "rien pour l'instant ne permet d'établir qu'il y a eu un contact entre la voiture de police et le jeune Sanogo". Ce constat reste cependant à confirmer au travers de l'enquête, qui doit encore établir les circonstances exactes de la mort du jeune homme.

"La majorité des habitants commencent à accepter la version (des faits) du procureur... (Et que) les propos des jeunes sont démesurés", a expliqué M. Everbecq. Plusieurs signes témoignent d'une accalmie progressive. Dans la nuit de lundi à mardi, le nombre de voitures incendiées (entre cinq et huit) est nettement inférieur aux 29 de la veille, et il n'y a pas eu d'affrontements entre les jeunes et les forces de l'ordre.

Dialogue de jeunes à élus

Alors qu'il avait été rompu au soir du décès de Yakou, le dialogue a repris hier entre les élus et les jeunes. "J'ai reçu un appel des jeunes d'un quartier populaire me disant on veut parler. On veut vous parler monsieur le maire. Ca s'ouvre. On est allé leur parler", raconte M. Everbecq.

Selon lui, les "grands-frères" se sont également entretenus avec les jeunes, mais la "paix" demeure fragile, car un "seul mot peut vite blesser". Après le deuil, "nous devons retourner dans les quartiers immédiatement pour essayer de comprendre. Il va falloir trouver le juste équilibre", avance l'élu.

La paix demeure fragile, car un "seul mot peut vite blesser"

Sur le plan de l'enquête, l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) a commencé à examiner mardi les deux véhicules impliqués: la moto et la voiture de police qui suivait le jeune homme.

En parallèle, l'Inspection générale des services (IGS), la "police des polices", doit entendre de nouveaux témoins dans les prochains jours, a-t-on indiqué de source proche de l'enquête. Le procureur adjoint de Bobigny Philibert Demory avait lancé lundi un appel à témoins.

"Résoudre cette affaire le plus rapidement"
"Tout ce qui peut et doit être fait est fait. Ce qui est sûr on veut résoudre cette affaire le plus rapidement", a répété M. Demory. Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, qui a demandé une enquête "sérieuse, approfondie, honnête", a assuré que les conclusions de l'IGS seront rendues publiques.

Les obsèques de Yakou Sanogo doivent avoir lieu cette semaine au cimetière de Valenton en région parisienne, selon un proche de la famille. Le Parquet de Bobigny a délivré l'autorisation d'inhumer lundi, ce qui doit faciliter l'établissement du certificat de décès et permettre à la famille de récupérer le corps. (belga/th)

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