Le président du Parlement iranien dément tout viol dans les prisons

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Par: rédaction
12/08/09 - 10h59
"A la suite d'une enquête précise et complète concernant les détenus des centres de détention de Kahrizak et Evine, aucun cas d'abus sexuel n'a été constaté", a affirmé M. Larijani (au-dessus sur la photo).

Le président du Parlement iranien Ali Larijani a démenti mercredi "tout abus sexuel" contre des manifestants emprisonnés contrairement à ce qu'a affirmé le candidat réformateur Mehdi Karoubi qui a dénoncé des viols de détenus en prison, a rapporté l'agence Irna.

"Un mensonge"

"L'abus sexuel des détenus est un mensonge", a déclaré M. Larijani lors d'un discours devant le Parlement. Dans une lettre adressée le 29 juillet à l'ex-président Akbar Hachémi Rafsandjani, le candidat réformateur avait affirmé qu'"un certain nombre de personnes arrêtées ont affirmé que des jeunes femmes avaient été sauvagement violées".

"Des jeunes hommes ont également été sauvagement violés et souffrent depuis lors de dépression et de sérieux problèmes psychologiques et physiques", avait-il ajouté. M. Rafsandjani dirige le Conseil de discernement et l'Assemblée des experts, deux institutions clés du régime.

"Aucun cas d'abus sexuel n'a été constaté"
"Le contenu de cette lettre était choquant et les médias étrangers y ont immédiatement prêté attention. En raison du caractère sensible de la question, j'ai demandé à la commission spéciale du Parlement sur les détenus d'enquêter", a ajouté M. Larijani.

"A la suite d'une enquête précise et complète concernant les détenus des centres de détention de Kahrizak et Evine, aucun cas d'abus sexuel n'a été constaté", a-t-il affirmé. "Si M. Karoubi a des preuves à propos d'abus sexuels et de cas de viols, qu'il en informe la présidence du Parlement pour qu'on enquête", a-t-il poursuivi.

Plus de 4.000 arrestations
Au moins 4.000 personnes ont été arrêtées lors des manifestations de protestation contre la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin et 300 sont toujours derrière les barreaux, a-t-on indiqué mardi de source officielle. Les violences post-électorales ont fait 30 morts, de source officielle, 69 selon un conseiller de l'ex-candidat à la présidentielle le conservateur modéré Mir Hossein Moussavi.

En juillet, le guide suprême Ali Khamenei avait ordonné la fermeture du centre de détention de Kahrizak, à Téhéran, car il était "non conforme aux normes". "Des erreurs ont été commises à Kahrizak (...) et après l'ordre donné par le guide suprême, on a agi contre les responsables de ces infractions, mais ces infractions n'ont jamais été de cet ordre (abus sexuels)", a déclaré M. Larijani.

"Sanctions" contre les "menteurs"
Critiquant M. Karoubi, le président du Parlement a ajouté que les "hommes politiques doivent faire attention (...) de ne pas rendre publique n'importe quelle dénonciation, surtout avant d'avoir enquêté, pour ne pas permettre aux étrangers de l'utiliser" afin de mener une campagne de propagande contre le régime islamique. La lettre de M. Karoubi a provoqué la colère des milieux conservateurs.

Le directeur du quotidien ultraconservateur Kayhan, Hossein Shariatmadari, nommé par le guide suprême, a demandé, dans un éditorial publié mercredi, à la justice de "convoquer" Mehdi Karoubi et de le "sanctionner" s'il n'apporte pas les preuves de ses affirmations. (belga/th)

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