Huit ans de prison pour avoir laissé son enfant mourir de faim

sauvegarder
Par: rédaction
12/08/09 - 15h41

Une Allemande de 25 ans a été condamnée mercredi à Chemnitz (est) à huit ans de prison pour avoir laissé son fils de deux ans mourir de faim et de soif en décembre 2007.

Le tribunal de Chemnitz l'a reconnue coupable d'homicide pour avoir abandonné le petit Robin, malade, pendant près de trois jours, peu avant Noël, dans son appartement, en lui laissant pour seuls vivres quelques gâteaux et une gourde, a indiqué un porte-parole. La mère séjournait pendant ce temps-là chez des amis, avec son deuxième fils. A son retour de Noël, elle avait trouvé l'enfant dans un état de santé dramatique, mais n'avait pas appelé les secours. Un médecin avait constaté le décès de Robin deux jours plus tard.

Défaillance des services sociaux?

La sentence est immédiatement applicable, ni la défense ni le parquet n'ayant souhaité faire appel. Ce jugement intervient alors même qu'une enfant de 3 ans est morte de faim lundi en Franconie près de Nuremberg (sud) et que l'Allemagne s'interroge à nouveau sur les défaillances des services sociaux. Car la petite Sarah décédée lundi appartenait à une famille qui avait été suivie au niveau social. Ce suivi était suspendu depuis fin 2008. "On avait constaté que la famille s'était stabilisée", a expliqué mercredi un responsable des services locaux de l'enfance, Manfred Korth, à la télévision publique ARD.

Le père de l'enfant est en détention provisoire. La mère, qui s'était déjà vu retirer la garde de deux autres enfants, a été hospitalisée.

Le pays a été choqué ces dernières années par plusieurs affaires d'enfants morts de maltraitance ou victimes d'infanticides, alors même que leurs familles étaient connues des services sociaux. Comme le cas de Lea-Sophie, morte de faim à 5 ans en novembre 2007 alors qu'elle ne pesait que 7,4 kilos, ou celui de Kevin, en octobre 2006, dont le corps brisé de 24 fractures avait été retrouvé dans un congélateur. Dans ces dossiers, les familles étaient connues des services sociaux, mais nul n'avait détecté la gravité de la situation. (belga/th)

Votre avis nous intéresse!